20 novembre 2009
Allons au musée...
C'est un musée consacré à l'Asie, un musée que j'apprécie beaucoup. J'aime beaucoup me promener parmi ses collections, en particulier indienne, khmère et japonaise.
Aujourd'hui, le musée Guimet fête ses 120 ans. Et pour fêter cet anniversaire, l'accès aux collections permanentes est gratuit pendant tout le week-end. Profitez-en !
Je profite de l'occasion pour vous présenter un livre lu il y a quelques années : "Quand le Japon s'ouvrit au monde : Emile Guimet et les arts d'Asie" (Gallimard, coll. Découvertes, 2001).
Ce livre parle du Japon, de ses premiers contacts avec l'Occident qui ont conduit à la fermeture du pays au 17ème siècle et puis de sa réouverture au monde en 1853. Parmi les Occidentaux qui viendront au Japon, deux Français : Emile Guimet et l'artiste, Félix Régamey. Les deux hommes débarquent à Yokohama en août 1876. Emile Guimet, industriel lyonnais, a été chargé par le ministre de l'instruction publique d'une mission d'enquête sur les religions orientales. Avec son acolyte, il va parcourir le Japon pendant plusieurs semaines, visitant villes, temples, théâtres. Puis, les deux hommes prennent la direction de la Chine et de l'Inde avant de rentrer en France en 1877.
C'est au Japon qu'Emile Guimet a eu l'idée de son musée. En fait, les deux Français veulent faire connaître l'Asie qu'ils ont découverte. Emile Guimet est rentré avec des caisses d'objets venant des trois pays visités. Il les présente pour la première fois en 1878. Le futur musée est en marche. Il est finalement inauguré le 20 novembre 1889 par le président de la République Sadi Carnot et ouvert au public le lendemain.
13 novembre 2009
Hélène Berr, une vie confisquée
Je ne vais pas vous parler du Journal qui a bouleversé nombre de ses lecteurs mais d'une exposition, organisée par le Mémorial de la Shoah, autour des écrits de cette jeune femme, disparue en 1945 à Bergen-Belsen à seulement 24 ans.
Son journal s'ouvrait sur le récit d'une journée de printemps, journée de bonheur car elle obtenait un livre dédicacé par Paul Valéry. Cet ouvrage est l'un des objets de l'exposition. Autres objets : des cahiers de classe, une carte postale écrite par Hélène Berr, l'étoile jaune portée par son père. Mais l'essentiel de l'exposition concerne son journal : des extraits ont été reproduits, quelques uns sont à écouter (des extrais lus par sa nièce, Mariette Job, et par l'actrice Elsa Zylberstein) et des feuillets du manuscrit sont visibles, on peut les lire, voir son écriture fine. Il y a aussi des photos d''Hélène, de sa famille, des témoignages vidéo de personnes qui ont connu ou croisé la jeune femme.
L'exposition ne s'arrête pas là. Les organisateurs ont aussi mis en relief le contexte historique. Ils l'ont fait de façon simple mais marquante. Pas de longs textes mais des documents qui rendent ces faits si lointains plus proches : des instructions, des ordonnances allemandes qui réglementent strictement la vie quotidienne des Juifs. Et puis, il y a ces documents touchant parce que l'on connaît la suite de l'histoire : ces instructions donnés aux forces de l'ordre pour cette rafle qui prendra le nom de rafle du Vel d'Hiv et puis cette liste de nom, la liste du convoi 70 du 27 mars 1944 qui comprend les noms d'Hélène Berr et de ses parents.
Mémorial de la Shoah, Paris, jusqu'au 31 mars 2010
11 novembre 2009
Résistance
En ce 11 novembre, j'ai choisi de parler d'un livre qui évoque non pas la Première Guerre mondiale mais la Seconde, plus précisément la résistance allemande. On l'oublie souvent mais des Allemands se sont opposés au nazisme. Parmi les plus connus, Hans et Sophie Scholl.
Leur soeur, Inge Scholl, a écrit un court récit sur leur vie et leur engagement. Nés dans une famille bavaroise, le frère et la soeur participent aux jeunesses hitlériennes. Et puis, peu à peu, les doutes se font jour, notamment chez Hans qui de rentre de moins en moins dans le moule. Après le lycée, Hans intègre la fac de médecine et participent aussi à des campagnes militaires, notamment à la campagne de France.
En 1942, Hans devient un des piliers du groupe de résistants "La Rose Blanche", bientôt rejoint par Sophie qui a découvert ses activités clandestines.
Le groupe diffuse des tracts, dont les textes sont reproduits à la fin du récit. Le 18 février 1943, Hans et Sophie en diffusent à l'université lorsqu'ils sont pris au piège par le concierge. Arrêtés, interrogés, ils sont jugés, condamnés à mort et exécutés le 22 février 1943.
Le récit a pour sous-titre "Six Allemands contre le nazisme". Et il ne faut pas oublier les quatre autres résistants, trois étudiants et un professeur d'université, eux-aussi exécutés : Christoph probst (exécuté le même jour), Alexander Schmorell, Willi Graf et Kurt Huber.
Publié par Les Editions de Minuit (2006) / Traduit par Jacques Delpeyrou
Dans ma LAL, figure un autre livre sur Hans et Sophie Scholl : "Lettres et carnets" (Ed. Tallandier, 2008)
Sur la résistance allemande, j'ai lu il y a quelques années "La Résistance des coeurs" de Nathan Stolzfus (Phébus, 2002). Ce livre rappelle le courage de femmes allemandes non-juives qui se sont battues pour sauver leur mari juif.
09 novembre 2009
La Femme qui court dans la montagne / Yûko Tsushima
Dans le Japon d'il y a trente ans, le parcours difficile d'une jeune mère célibataire.
Takiko, enceinte suite à une relation sans lendemain, incarne désormais le déshonneur pour ses parents. Elle vit sa grossesse en solitaire entre une mère qui souhaite qu'elle avorte et un père distant, buveur et violent. Après la naissance de son petit garçon, Akira, la jeune mère est reléguée dans un coin de la maison. Elle apparaît comme une femme forte. Tout au long des moments difficiles, elle trouve cette force en pensant à la région natale de sa mère, une région montagneuse dont les souvenirs lui apportent une paix intérieure.
Et justement, Takiko fait tomber les montagnes. Elle se débrouille seule, trouve un travail puis en change, met son fils à la crèche, ne fait pas cas du regard des autres.
C'est un bon roman qui nous montre un Japon, d'une époque passée, méconnu.
Pour beaucoup de ses romans, Yûko Tsushima (née en 1947) s'est inspirée de sa propre vie. Etre mère célibataire, elle l'a vécue. Et cette expérience a inspiré ce roman mais aussi "L'Enfant de fortune" (Editions des femmes, 1985). Un autre thème qui revient dans plusieurs romans est celui du deuil, le deuil d'un enfant, une épreuve que l'auteur a malheureusement due affronter. En 1985, elle a perdu son fils âgé de huit ans. Un an après, est paru "Poursuivie par la lumière de la nuit" (paru en France en 1997 aux Editions des femmes). Ce roman a une suite : "Vous, rêves nombreux, toi, la lumière !" (Picquier, 1997).
Ces ouvrages datent un peu mais si vous les trouvez, ne passez pas à côté de leur lecture. Deux de ses romans sont parus plus récemment en France (2007 & 2009) mais je ne les ai pas lus.
A noter : Yûko Tsushima est la fille du célèbre écrivain Osamu Dazai.
Publié par Albin Michel (1995) / Traduit par Liana Rosi
08 novembre 2009
Un amour vintage / Isabel Wolff
J'ai fait connaissance avec les romans d'Isabel Wolff il y a quelques années. Il s'agissait de romans du genre "chick lit" (terme que je ne trouve pas péjoratif) comme "Les Tribulations de Tiffany Trott" ou "Les Mésaventures de Minty Malone".
Avec ce nouveau roman, l'auteur semble avoir voulu quitter ce genre parfois décrié. Le résultat est plutôt mitigé.
Revenons au roman. Phoebe, la trentaine, ouvre une boutique de vêtements vintage dans la banlieue londonienne après avoir été pendant des années commissaire-priseur spécialisée dans le vintage. La jeune femme s'abrutit dans le travail pour surmonter la mort de sa meilleure amie, Emma, survenue quelques mois plus tôt. Cette mort a, de plus, mit fin à la relation que Phoebe entretenait avec Guy avec lequel elle avait des projets de mariage.
Dans le cadre de son travail, Phoebe est amenée à rencontrer des particuliers se séparant de leurs trésors. Et c'est ainsi qu'elle fait la connaissance d'une septuagénaire d'origine française, Thérèse. Cette dernière se sépare, entre autres, d'un manteau bleu. Et l'histoire lié à ce manteau bleu devient une seconde histoire dans le roman. Elle nous transporte à Avignon pendant la seconde guerre mondiale.
Et là, c'est la déception. L'histoire est connue d'avance. Si l'auteur s'était limitée à raconter la vie de Phoebe, la mode du vintage, ce roman aurait été un bon roman. Certes, il aurait été question d'un roman pour la détente, pour les vacances mais ces romans ne sont pas toujours des romans à jeter directement à la poubelle.
En insérant cette histoire d'enfant cachée (je peux l'écrire car on la devine dès la première phrase de l'histoire), Isabel Wolff a peut-être voulu insérer de l'émotion. C'est loupé. Je n'ai absolument pas accroché à cette histoire. C'est du déjà lu ailleurs mais en beaucoup, beaucoup moins bien.
A lire si vous le trouvez dans votre bibliothèque municipale.
A lire si vous aimez le vintage ou/et si vous souhaitiez suivre les anecdotes de la vie d'une boutique.
Publié par JC Lattès (2009) / Traduit par Denyse Beaulieu
06 novembre 2009
Un polar qui venait du froid
Une petite ville de Finlande au bord de la mer Baltique. Un été. Une jeune femme retrouvée morte dans un jardin. Une autre jeune femme, juriste et ancienne policière.
Le scénario de "La Poisse" se met en place.
Maria, la juriste, ne peut s'empêcher de s'investir dans cette affaire qui trouble la quiétude de cet été finlandais. Armi, la victime, était une de ses connaissances, tout comme Kimmo, le petit ami de la victime. Ce petit ami est le principal suspect. Etant donné qu'il aime le cuir, le latex et les menottes, il est forcément le suspect. Maria décide de prendre sa défense mais sa position n'est pas aisée. Tout en voulant prouver l'innocence de Kimmo, elle cherche à savoir la vérité sur la mort d'Armi.
Cette affaire fait ressurgir une autre mort, un autre drame : le suicide de Sanna, la soeur de Kimmo. Très vite, c'est une double enquête que doit mener Maria. Réveiller le passé, chercher à savoir ce qui est arrivé à Sanna permettra d'avancer sur l'affaire d'Armi.
Ce roman de Leena Lehtolainen est un bon polar. Le suspense est maintenu jusqu'à la fin. "La Poisse" est le second volet des aventures du personnage de Maria Kallio. Mais ne pas avoir lu le premier volet ("Mon premier meurtre") ne porte pas préjudice à la lecture du second.
Publié par Gaïa (2006) / Traduit par Anne Colin du Terrail
03 novembre 2009
Challenge 1% littéraire 2009 : état des lieux
C'est le premier challenge auquel je participe et j'ai atteint l'objectif fixé le 31 octobre. J'ai donc lu sept romans ainsi que deux essais (voir la liste ci-dessous).
Je continue le challenge car il me reste trois livres dans ma PAL, sans compter les livres acquis par la médiathèque de ma ville (ceux-là, il va falloir leur courir après).
Romans
L'Inde en héritage / Abha Dawesar
La Vaine attente / Nadeem Aslam
Le Sari rouge / V.V. Ganeshananthan
Le Roi du cinéma muet / Indrajit Hazra
Si je t'oublie, Bagdad / Inaam Kachachi
Le Trône du Paon / Sujit Saraf
Essais
Inde, la révolution par les femmes / Dominique Hoeltgen
Etranger à mon histoire / Aatish Taseer
02 novembre 2009
Le Japon en photos
Le nouveau numéro du magazine Géo consacre un dossier au Pays du Soleil levant, plus précisément à ses îles les moins connus. Ce numéro invite le lecteur à un voyage à Hokkaidô, pays des ours bruns et du peuple ainu, sur les îles Amami qui font partie de l'archipel des Ryû-Kyû à la culture si particulière. Les îles japonaises ont parfois servi d'usine et sont aussi convoitées par les pays voisins même s'il s'agit d'îlots inhabitables.
Pour vous donner l'eau à la bouche, voici quelques photos disponibles sur le site de Géo.
Pour compléter le voyage, la Maison de la culture du Japon à Paris organise en ce moment une exposition intitulée "Voyages - Regards de photographes japonais sur le monde". Les photos sont très belles. J'ai particulièrement aimé les photos en noir et blanc prises à Hokkaidô. Elles montrent un Japon totalement méconnu. Certaines photos font penser au Grand Nord. Sont aussi présentées des vues différentes du Mont Fuji, un volcan qui paraît beaucoup moins immaculé vu de près.
L'exposition se termine le 23 janvier 2010.
31 octobre 2009
Le Trône du paon / Sujit Saraf
Tout commence un jour de 1984, le 31 octobre. Ce jour-là, Indira Gandhi, Premier ministre, est assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs.
La nouvelle atteint Chandni Chowk, quartier commerçant et populaire de New Delhi. Dans ces ruelles, dans ces boutiques, vivent et s'activent des commerçants. Marchands de tissus, de parfums, vendeur de thé, prostituée, travailleuse sociale, enfants des rues... sont le coeur de ce quartier qui est aussi un terrain de jeu politique. C'est ce qu'on découvre au fil de ce roman, huit cent pages qui nous amènent de 1984 à 1998 en cinq étapes.
Chacune de ces étapes correspond à une période particulière de l'histoire contemporaine et politique de l'Inde : émeutes inter-communautaires, montée en puissance du parti nationaliste (dont le vrai nom n'a pas été utilisé mais qui est reconnaissable).
A travers la vie de ce quartier et de ceux qui le font se dessine l'image d'un pays où les communautés s'affrontent à tour de rôle, où la politique est affaire de corruption, de manipulation. Ce roman donne une grande place à la politique. Le titre est d'ailleurs une référence à la thématique puisque le trône du paon était à l'origine un trône moghol créé au 17ème siècle pour l'empereur Shah Jahan. De nombreux parallèles sont faits entre l'histoire de l'Inde contemporaine et la période moghole, surtout les règnes de Shah Jahan (1628-1658) et de son cruel fils Aurangzeb (1658-1707).
"Le Trône du paon" est le premier roman de SujiT Saraf, Indien installé aux Etats-Unis où il mène parallèlement des activités scientifiques et culturelles. C'est un premier roman ambitieux et maîtrisé.
Publié par Grasset (2009) / Traduit par Françoise Adelstain
28 octobre 2009
Zoyâ Pirzâd récompensée
L'an dernier, "Courrier International" a créé son propre prix littéraire, le Prix Courrier International du meilleur livre étranger.
Ce prix a été attribué il y a quelques jours à l'écrivain iranienne Zoyâ Pirzâd pour son recueil paru chez Zulma au printemps dernier, "Le Goût âpre des kakis".
Vous pouvez lire ici mon billet sur ce livre.






