Mille et Un Livres

Un voyage en Asie grâce aux livres ou comment voyager sans bouger de son fauteuil !

08 mars 2009

Une vie de choix / Tahmima Anam

Une_vie_de_choix

La Partition de 1947 a donné naissance à deux Etats : l'Inde et le Pakistan. Le Pakistan est alors formé de deux territoires situés de part et d'autre de l'Inde : le Pakistan Occidental (l'actuel Pakistan), où se trouve le pouvoir central, et le Pakistan oriental qui deviendra plus tard un pays indépendant, le Bangladesh.

Après ce bref rappel historique, je peux vous parler du premier roman d'une auteur d'origine bangladaise, Tahmima Anam.

Tout commence un jour de mars 1971. Rehana prépare un anniversaire particulier : le dixième anniversaire du retour de ses enfants, Maya et Sohail, auprès d'elle à Dacca (Pakistan Oriental). En effet, douze ans plus tôt, veuve, elle avait perdu la garde de ses enfants confiés à son beau-frère et à sa belle-soeur, un couple sans enfant installé à Lahore (Pakistan Occidental).

Pour cette fête, Rehana invite voisins et amis. Les discussions sur le prochain mariage de la fille de Mme Chowdhuri, une voisine, avec un militaire sont bientôt éclipsées par les discussions politiques. Sohail et Maya, les deux enfants de Rehana, sont des étudiants engagés politiquement. Ils ne supportent plus la mise à l'écart du Pakistan Oriental : peu d'investissements, volonté du pouvoir central d'imposer la langue ourdoue.

Et en ce mois de mars 1971, le Pakistan Oriental attend que le vainqueur des élections nationales, un Bengali, soit nommé Premier ministre. Mais l'attente est vaine. Grèves, manifestations, couvre-feux deviennent courants. Jusqu'à l'attaque... A la fin de mars 1971, l'armée pakistanaise attaque le Pakistan oriental. C'est le début d'une guerre qui aboutira à l'indépendance du Bangladesh le 16 décembre 1971.

Le roman suit l'évolution des évènements de cette année 1971 et leur impact sur la vie de Rehana et des autres Bangladais.

Rehana apparaît, au fil du récit, comme une femme courageuse, diplomate et tout aussi discrète qu'efficace. Veuve après seulement quelques années de mariage, elle s'est battue bec et ongles pour récupérer ses enfants. Lors de la guerre, elle agit tout en discrétion. Elle soutient ses enfants dans leurs activités, accepte de cacher des guérilleros et des armes dans la maison qu'elle met habituellement en location, n'hésite pas à faire appel à son beau-frère - celui-là même qui avait obtenu la garde des enfants et qui est désormais à Dacca pour s'assurer que la politique décidée par le pouvoir central est bien mise en place - pour sauver quelqu'un.

J'ai vraiment accroché et adoré ce roman. J'ai lu les 400 pages d'une seule traite pour savoir ce qui allait arriver aux personnages. 

C'est mon troisième coup de coeur de cette année 2009. La première fois que j'ai entendu parler de ce roman, il n'était pas encore traduit en français. L'auteur, Tahmima Anam, venait d'obtenir le Prix Commonwealth 2008 du meilleur premier roman. J'en avais parlé dans ce billet. J'ai donc été très contente de découvrir le livre par hasard en librairie.

Tahmima Anam, est née en 1975 au Bangladesh. Elle travaille aujourd'hui comme assistante de rédaction pour un magazine britannique.

"Une vie de choix" étant le début d'une trilogie sur l'histoire du Bangladesh, j'attends la suite avec impatience.

Publié par les Editions des 2 terres (2009) 

Posté par Naina94 à 17:08 - Bangladesh - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

06 janvier 2009

Taslima Nasreen à Paris

L'écrivain bangladaise va bientôt s'installer à Paris, plus exactement en février. Peut-être le saviez-vous déjà car l'information circule depuis quelques jours dans la presse. Taslima Nasreen, qui a été faite citoyenne d'honneur de la capitale en juillet dernier, a demandé de l'aide à la Mairie de Paris. Cette dernière lui a proposé un logement dans une résidence d'artiste du 10ème arrondissement.

Gynécologue de formation, l'écrivain est menacée par les extrémistes islamistes de son pays depuis la parution de son roman "Lajja" en 1993. Depuis cette date, elle a connu différents exils notamment en Europe et en Inde.

"Lajja" (La Honte) (Le Livre de poche, 1996) raconte l'histoire d'une famille hindoue du Bangladesh menacée par des fondamentalistes musulmans. J'ai lu ce livre il y a quelques années. Il ne m'avait pas marquée parce que l'écriture de Taslima Nasreen ne me plaît pas particulièrement.

Taslima Nasreen a aussi raconté son enfance et son parcours dans trois livres :
- "Enfance au féminin" (que j'ai présenté sur ce blog. Le billet est ici)
- "Vents en rafales"
- "Rumeurs de haine"

Son dernier livre : "De ma prison" (Ed. Philippe Rey, 2008)

Donc, un écrivain à découvrir pour son combat contre l'oppression des femmes.

Posté par Naina94 à 21:57 - Bangladesh - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 janvier 2008

Enfance, au féminin / Taslima Nasreen

Enfance__au_f_mininTaslima Nasreen, médecin et écrivain bangladaise, est connue pour ses prises de position dénonçant l'oppression dont sont victimes les femmes et les minorités religieuses de son pays. Elle a notamment dénoncé cet état de fait dans son premier roman, "Lajja".  Ses idées ont déclenché les foudres des radicaux et du gouvernement de son pays. Depuis, elle vit en exil. Et c'est au début de cet exil qu'elle a entrepris l'écriture de son autobiographie.
"Enfance, au féminin" est le premier volet de son autobiographie. C'est un livre très intéressant car elle y raconte les évènements qui ont forgé sa personnalité. Ces évènements concernent les 13 premières années de sa vie, jusqu'au moment où elle devient une femme, ce qui, au Bangladesh, l'oblige à modifier son comportement.
Elle est née en 1962 dans une famille de 4 enfants, elle est l'ainée des deux filles. Son père est médecin. On ne peut pas trouver plus opposés que ses parents. Son père veut que ses enfants étudient. Après l'échec des deux fils, les espoirs mais aussi la pression du père va se reporter sur les deux filles. Sa mère est l'exacte opposée. Trompée par son mari, elle se réfugie dans la religion, jusqu'à tomber sous l'emprise d'un religieux très rétrograde. Pour elle, les études ne servent à rien, seule compte la religion.
Très tôt, Taslima se pose des questions et en pose à sa mère, qui la traite d'impie. Au programme scolaire, elle préfère des lectures plus littéraires. C'est une petite fille curieuse, observatrice, ouverte sur le monde. Son récit permet de découvrir la société, la culture, les traditions et l'histoire (la naissance du pays en 1971 est bien présente dans ce récit) d'un pays plutôt méconnu.

Publié par Le Livre de Poche (2002)

Les deux autres volets de son autobiographie sont : Vent en rafales ; Rumeurs de haine.

Un autre avis sur ce livre : celui d'Agnès (Mon biblioblog)

« Accueil  1