Mille et Un Livres

Un voyage en Asie grâce aux livres ou comment voyager sans bouger de son fauteuil !

22 décembre 2009

Les Murs et autres histoires (d'amour)

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Ce livre est un recueil de nouvelles de Vaikom Muhammad Basheer, auteur indien du Kerala (sud-ouest du pays). Ce sont des histoires pleines de poésie que nous conte l'auteur.

Dans une prison, un homme sent un parfum de femme. Les femmes ne sont pas loin, juste de l'autre côté du mur, dans la prison pour une femmes. A travers ce mur, malgré ce mur, naît une rencontre entre deux prisonniers. L'histoire est pleine de poésie, d'imagination. V. M. Basheer évoque aussi les peurs ancestrales avec une histoire de fantôme féminin. Un homme s'installe dans une maison où des bruits étranges ont été entendus. Cet homme va apprivoiser le fantôme. Certaines histoires sont plus proches du quotidien comme celle de cet homme amoureux d'une jeune femme à laquelle il propose un étrange travail, celui de l'aimer autant qu'il l'aime. Il y a aussi cet homme qui a parié avec sa femme et ses amis que son enfant à naître serait un fils, tout cela pour récupérer de l'argent et surtout un anneau d'or.

Cinq histoires entre réel et imagination, empreintes de poésie, de beauté et d'amour.

Publié par Zulma (2007) / Traduit par Dominique Vitalyos

Un roman de cet auteur a déjà été présenté sur ce blog : Grand-père avait un éléphant

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17 décembre 2009

Le Pays des marées / Amitav Ghosh

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Ce roman convie le lecteur à un voyage, un voyage dans les Sundarbans, un entrelac de canaux formés par le delta du Gange, du Brahmapoutre et de la Meghna, une région qui constitue aussi l'une des plus grandes forêts de mangroves au monde. Nous sommes au sud du Bengale.

Piya est cétologue. Américaine d'origine indienne, elle découvre cette région où elle vient faire des recherches sur les dauphins d'eau douce. Elle va partir à leur recherche avec l'aide de Fokir, un pêcheur local. Autre personnage : Kanai. Cet interprète-traducteur vit à New Delhi mais il connaît bien cette région où il est venu adolescent. Il y retrouve sa tante et les carnets laissés par son oncle. Des carnets qui permettent à Kanai d'apprendre l'histoire de ces îles et de leurs habitants. Entre légende et histoire bien réelle de réfugiés...

Les Sundarbans sont une région où la nature fait encore la loi, une région où les animaux sont encore rois, où le tigre terrorise, où les arbres constituent des refuges en cas de gros temps. Ce roman est un hymne à cette région, à cette nature, à ces hommes qui y survivent.

C'est un roman passionnant, impossible à quitter une fois la lecture entamée. C'est un roman d'une grande richesse. L'auteur s'est bien documenté sur l'histoire de la région, sur les cétologues...

Autres avis de lecteurs : Sylvie (Passion des livres) ; Laurent (A l'ombre du cerisier) ; So (Conjuration des livres)

Pour en savoir plus sur cette région : le site est classé patrimoine mondial de l'UNESCO.

Publié par Robet Laffont (2006) & 10/18 (2008) / Traduit par Christiane Besse

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13 décembre 2009

Cette nuit-là / Indra Sinha

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Dans la ville imaginaire de Khaufpur vit Animal. C'est le nom d'un jeune homme de dix-neuf ans. Il ne connaît pas sa véritable identité, il est difforme d'où son surnom. La cause : une catastrophe survenue alors qu'il n'était encore qu'un bébé.

Animal s'est fait à cette vie d'obstacles, de débrouilles. Sa vie, il la raconte à un journaliste étranger venu voir ce que sont devenus les survivants d'une grande catastrophe industrielle. Cette tragédie a modifié à jamais la vie de milliers de personnes : cécité, difficultés respiratoires, malformations. Pour aider, une jeune médecin américaine arrive pour ouvrir une clinique. Mais le succès n'est pas au rendez-vous. Le fait qu'elle soit américaine, tout comme l'étaient les responsables de la "Kampani", l'usine tueuse, y est pour beaucoup. La ville compte aussi des activistes, comme Zafar et Nisha, qui réclament depuis des années que justice soit faite.

Cette histoire est une fiction. Mais elle n'est pas sans rappeler une tragadie bien réelle : la catastrophe de Bhopal qui a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984. Comme l'auteur, Indra Sinha, l'explique dans un article du Guardian, Khaufpur ne ressemble pas à Bhopal. De plus, il a préféré centrer son roman sur les personnages plutôt que sur la catastrophe.

Cependant, je ne peux pas m'empêcher de vous donner quelques liens intéressants pour comprendre ce qu'est Bhopal et la vie des victimes aujourd'hui. Le poison toxique continue ses ravages puisqu'il naît toujours des enfants malades, difformes.

www.bhopal.net : c'est un site qui milite pour que justice soit faite. Il permet, entre autres, d'avoir accès aux dernières informations sur le sujet.

BHOPAL XXV : Trois photographes se sont réunis pour réaliser un livre (téléchargeable). Le but est de médiatiser davantage cette tragédie.

Côté livre, Robert Laffont, puis Pocket, ont publié "Il était minuit cinq à Bhopal" de Dominique Lapierre et Javier Moro. Ne l'ayant pas encore lu, je ne peux pas donner d'avis.

"Cette nuit-là" a été finaliste du Booker Prize 2007 et a été couronné, en 2008, par un Commonwealth Writers' Prize, celui du meilleur roman de la zone Europe - Asie du Sud.

Publié par Albin Michel (2009) / Traduit par Dominique Vitalyos

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05 décembre 2009

Un peu de légèreté

Love_Masala

Avec de la chick lit mais pas n'importe laquelle, de la chick lit indienne (restons dans la thématique de ce blog). Mon premier roman indien du genre "chick lit" a été Mariage à l'indienne de Kavita Daswani. J'ai retrouvé le même plaisir de lecture avec Love masala d'Advaita Kala.

L'intrigue est simple. Elle met en scène une jeune femme de vingt-neuf ans prénommée Aisha. Aisha est célibataire (of course), travaille dans un hôtel et avantage suprème, vit loin de ses parents et surtout de sa maman. Aisha a bien évidemment des amies : Misha et Anushka.

Aisha cherche l'amour sans vraiment le chercher (mais sa mère cherche bien un mari pour elle !) et va, bien sûr, le rencontrer mais comme dans chaque roman du genre, il y a aura bien des péripéties, malentendus et autres coups du sort avant d'arriver au happy end. Misha est, elle-aussi, célibataire mais a moins de chance que son amie dans le domaine de l'amour. Et puis, il y a Anushka, nouvelle divorcée. Sans oublier un couple d'amis gay.

Nous sommes bien en Inde. Plusieurs éléments le rappellent, notamment la présence d'une voisine inquisitrice.

C'est drôle, plutôt bien écrit.

Le titre "Love masala" fait penser à un titre de film de Bollywood. Et justement, l'auteur, Avaita Kala, a écrit un scénario pour un film (voir l'article de Thaindia News du 20 mars 2009). Elle habite New Delhi et travaille pour "Time magazine". "Love masala" est son premier roman.

Publié par Marabout (2009) / Traduit par Caroline Chalma-Balminadour

Marabout a une collection intitulée "Girls in the city" qui publie de la chick lit. Le rythme de parution est d'un livre par mois. Et au vu du catalogue, les auteures sont anglo-saxonnes. "Love masala" est une exception.

31 octobre 2009

Le Trône du paon / Sujit Saraf

Le_Tr_ne_du_paon

Tout commence un jour de 1984, le 31 octobre. Ce jour-là, Indira Gandhi, Premier ministre, est assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs.

La nouvelle atteint Chandni Chowk, quartier commerçant et populaire de New Delhi. Dans ces ruelles, dans ces boutiques, vivent et s'activent des commerçants. Marchands de tissus, de parfums, vendeur de thé, prostituée, travailleuse sociale, enfants des rues... sont le coeur de ce quartier qui est aussi un terrain de jeu politique. C'est ce qu'on découvre au fil de ce roman, huit cent pages qui nous amènent de 1984 à 1998 en cinq étapes.

Chacune de ces étapes correspond à une période particulière de l'histoire contemporaine et politique de l'Inde : émeutes inter-communautaires, montée en puissance du parti nationaliste (dont le vrai nom n'a pas été utilisé mais qui est reconnaissable).

A travers la vie de ce quartier et de ceux qui le font se dessine l'image d'un pays où les communautés s'affrontent à tour de rôle, où la politique est affaire de corruption, de manipulation. Ce roman donne une grande place à la politique. Le titre est d'ailleurs une référence à la thématique puisque le trône du paon était à l'origine un trône moghol créé au 17ème siècle pour l'empereur Shah Jahan. De nombreux parallèles sont faits entre l'histoire de l'Inde contemporaine et la période moghole, surtout les règnes de Shah Jahan (1628-1658) et de son cruel fils Aurangzeb (1658-1707).

"Le Trône du paon" est le premier roman de Sujit Saraf, Indien installé aux Etats-Unis où il mène parallèlement des activités scientifiques et culturelles. C'est un premier roman ambitieux et maîtrisé.

Publié par Grasset (2009) / Traduit par Françoise Adelstain

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11 octobre 2009

Quête identitaire

Etranger___mon_histoire

Etranger à mon histoire est le récit d'une recherche d'identité entreprise par un journaliste anglo-indien suite à ses retrouvailles avec son père pakistanais.

Aatish Taseer est née d'une mère indienne et sikhe et d'un père pakistanais et musulman. Son père a disparu de sa vie alors qu'il n'a que dix-huit mois. Son père a rompu tout lien avec cette famille indienne pour qu'elle ne lui porte pas préjudice. En effet, cet homme est engagé en politique dans le parti des Bhutto. C'est aussi un opposant au général Zia au pourvoir dans les années 80, ce qui lui vaut des séjours en prison.

Le jeune Aatish grandit donc sans père. Elevé par sa mère dans la maison de ses grands-parents ayant fui le Pakistan au moment de la Partition, il comprend assez tôt qu'il est différent de ses cousins. Première question sur l'identité. Les questions reviennent à l'adolescence alors qu'il est pensionnaire dans un collège chrétien du sud de l'Inde. Il tente alors de recontacter son père mais ce n'est que jeune adulte qu'il le retrouve véritablement.

Et les retrouvailles sont froides. Ce père, musulman non pratiquant et appréciant le whisky (il existe une distillerie au Pakistan !), lui reproche ses articles sur de jeunes musulmans britanniques extrémistes. Et vient alors une question : qu'est-ce qu'être musulman ?

Aatish Taseer, qui porte le kara (bracelet sikh), est considéré comme musulman car son père l'est. Et pourtant, il n'a pas été élevé dans cette religion. Il entreprend un voyage qui va durer huit mois. Il va traverser différents pays musulmans, de la Turquie au Pakistan. De ses rencontres, il rapporte différentes définitions du musulman, celui qui pratique, celui qui s'intéresse surtout au passé grandiose de la civilisation musulmane.

Il termine son périple dans le pays de son père. Un Pakistan lié au sous-continent par sa culture mais qui fait tout pour couper le lien. Un pays plus religieux que lors de sa création en 1947 (pour rappel, le pays a été créé pour rassembler les musulmans du sous-continent mais les créateurs étaient des laïcs).

De ce voyage, de ces rencontres, il en ressort un monde musulman plutôt hétérogène même si certains font tout pour que l'Islam soit le même partout. C'est une histoire personnelle qui fait écho à une grande question d'actualité.

Publié par Buchet Chastel (2009) / Traduit par Simone Manceau

L'auteur a été interwievé par l'hebdomadaire "Outlook India" (23 mars 2009) : Very difficult to be both indian and pakistani

08 octobre 2009

Apprendre, comprendre, connaître...

Par deux fois (ici et ), je vous ai présenté quelques livres pour en savoir plus sur l'Inde et plus largement le sous-continent indien. Dans ce nouveau billet, je vous présente un essai et un dictionnaire.

Côté essai, il s'agit de Les Indiens, portrait d'un peuple de Sudhir et Katharina Kakar (Seuil, 2007 ; traduit par Dominique Vitalyos et Cécile Déniard). Le premier est psychanalyse, la seconde est historienne des religions. Les deux sont aussi écrivains. Dans cet essai, ils abordent tous les sujets de société : la famille, le système des castes, la situation des femmes, la sexualité, la santé, la religion, la vision du monde hindoue. J'avais déjà lu sur certains sujets dans d'autres livres, d'autres ont été découvertes comme la médecine ayurvédique. J'ai aussi beaucoup apprécié le chapitre consacré au conflit entre hindous et musulmans, en particulier les rubriques où sont expliqués comment ils se voient les uns les autres. Donc, un livre qui m'a permis de compléter des sujets déjà un peu connus et d'en découvrir d'autres.

Les_Indiens

Côté dictionnaire, Larousse a publié il y a quelques mois son Dictionnaire de l'Inde rédigé par un ensemble de spécialistes du pays. En plus d'un dictionnaire, ce livre comprend de nombreux articles sur l'histoire, la politique, la démographie, l'économie... indiennes.

Dictionnaire_de_l_inde

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24 septembre 2009

Inde, la révolution par les femmes / Dominique Hoeltgen

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Nous avons tous en tête des images sur la situation des femmes en Inde : problème de dot, petites filles manquantes sans oublier le glamour des actrices de Bollywood. Mais notre connaissance reste le plus souvent superficielle, limitée aux informations apportées par les médias.

Le livre de Dominique Hoeltgen, journaliste, correspondante pour "L'Expansion" en Inde depuis cinq ans, dresse un état des lieux de la condition des femmes dans ce pays. Ce livre est une galerie de portraits de femmes de toutes conditions qui ont choisi de se faire une place dans une société dirigée par les hommes : femmes rouleuses de bidi (cigarettes) s'organisant en syndicat, femmes à la tête de succursales de banques étrangères, femmes du monde des arts ou politique, femmes luttant contre les violences faites à leurs semblables... En dix chapitres clairs et bien fournis, l'auteur aborde tous les sujets : le monde du travail, le mariage, les foeticides...

Même si les thèmes abordés sont parfois très sombres, les femmes que nous rencontrons à travers ce livre sont des battantes, des femmes énergiques qui déplacent des montagnes, à l'image de cette actrice qui a lutté pendant vingt ans pour des sans-logis d'un parc de Mumbai.

Un livre à lire absolument !

Publié par Picquier (2009)

L'éditeur a classé ce livre dans sa bibliothèque idéale.

Quelques idées de lectures complémentaires :

Quand les femmes auront disparu de Bénédicte Manier qui évoque l'élimination des femmes en Inde et dans d'autres pays d'Asie.

Maï, une femme effacée, roman de Geetanjali Shree

Une vie moins ordinaire de Baby Halder, femme au parcours extraordinaire : domestique, elle a un jour pour patron un professeur à la retraite qui va l'encourager à lire et écrire.

10 septembre 2009

Le Roi du cinéma muet / Indrajit Hazra

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Lorsqu'on dit "cinéma indien", on pense à Bollywood. Mais ce cinéma populaire n'est que le résultat d'une longue histoire du cinéma en Inde. Dès juillet 1896, les frères Lumière sont à Bombay, ville indienne alors la plus ouverte sur l'Occident. Ils viennent présenter à un public majoritairement britannique leur invention. Les premiers films visibles en Inde sont donc des films étrangers. Moins de vingt ans plus tard, en 1913, la même ville verra naître le premier film indien réalisé par un Indien, Dadasaheb Phalke, pour les Indiens.

Au même moment à Calcutta, le cinéma se développe aussi. Il s'agit de bioscopes. Abani Chatterjee va jouer un rôle important dans ce milieu. Il commence adolescent comme simple colleur d'affiches et monte peu à peu jusqu'au sommet : la gloire en tant qu'acteur. Mais le jeune homme répète les erreurs de son père et il connaît la déchéance, une déchéance à laquelle l'arrivée d'un célèbre cinéaste occidental mettra fin, enfin provisoirement.

"Le Roi du cinéma muet" est donc un roman pour remonter le temps, retrouver cette époque qui voit Calcutta perdre son statut de capitale du Raj (l'empire britannique), la montée du nationalisme et le développement d'un nouveau genre artistique. C'est un roman qui permet de découvrir le monde du cinéma muet. Ce cinéma muet a été productif en Inde puisque trois cent films ont vu le jour après le succès de la première réalisation de Phalke. Malheureusement, peu ont été conservés.

J'ai pu lire ce livre grâce à Blog-O-Book et Le Cherche Midi.

Publié par Le Cherche Midi (2009) / Traduit par Marc Amfreville

Les informations sur le cinéma indien figurant dans ce billet proviennent de la conférence de Martine Armand sur les cinémas marathi et malayalam, conférence qui s'est tenue le 9 septembre 2009 au Musée Guimet. Tous les ans, à la même période, le Musée Guimet organise son Eté indien qui met en avant une façette du cinéma indien. Après le cinéma populaire hindi (Bollywwod) en 2008, cette sixième édition met à l'honneur la production du Maharastra et du Kerala. Le film choisi pour la clôture, "Harishchandrachi Factory", raconte l'histoire du père du cinéma indien qu'est Phalke.

25 août 2009

L'Inde en héritage / Abha Dawesar

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A travers les yeux d'un petit garçon de huit ans, le lecteur pénètre dans l'intimité d'une famille de New Delhi. Cet enfant est le fils unique d'un couple de médecins qui doit se loger dans une unique pièce, les autres pièces de l'appartement constituant le dispensaire. Ce dispensaire est un lieu intéressant pour un petit garçon curieux et observateur. A travers la fine cloison, il apprend beaucoup de choses sur la vie des patients et sur la vie tout cours. Les patients de ses parents ne sont pas ses uniques sujets d'étude : méchante voisine, oncle cupide, tante sacrifiée... sont autant de sujets intéressants. Cette observation assidue lui permet d'en savoir de plus en plus sur la société qui l'entoure : l'importance de l'argent que ce soit pour corrompre un fonctionnaire ou trouver un conjoint, la malhonnêteté de politiciens, le trafic de drogue...

Ce petit garçon n'est pas le narrateur. Il est le point central mais c'est une voix off qui nous raconte l'histoire. Aucun des personnages de cette histoire rythmée n'a de prénom, tous sont désignés par leur position dans la famille ou par un surnom résumant leur caractère ou leur action. C'est quelque chose que je n'avais pas vu jusque là dans un roman indien. C'est sans doute une façon de faire, à travers le portrait de cette famille, le portrait de la classe moyenne indienne.

Ce roman se veut, dixit le titre et la quatrième de couverture, le portrait de la société indienne. Mais c'est quelque chose que je n'ai pas retrouvée dans le roman. Certains aspects évoquée aurait méritée de plus amples développements. Seulement, le titre original n'a rien à voir avec le titre français. Il s'agit de "Family values", ce qui montre que la famille est le sujet principal et non la société. Je trouve dommage cette "mauvaise traduction" des titres, cela induit en erreur sur le contenu et peut être dommageable pour le roman, les attentes des lecteurs n'étant pas comblées.

Pour ma part, cette lecture marque ma réconciliation avec l'oeuvre d'Abha Dawesar. J'avais dû abandonner la lecture de son premier roman, "Babyji". Je me suis laissée prendre par "L'Inde en héritage".

Edit de 22h40 : BSC News Magazine, magazine online culturel, propose une interview d'Abha Dawesar. Elle parle brièvement de ce roman et elle explique qu'il s'agit de l'interaction entre l'histoire d'une famille et la société, que les décisions des membres de la famille sont prises en fonction de la société. 

Publié par les Editions d'Héloïse d'Ormesson (2009)

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