Mille et Un Livres

Un voyage en Asie grâce aux livres ou comment voyager sans bouger de son fauteuil !

28 novembre 2009

Attentat à la mangue / Mohammed Hanif

Attentat___la_mangue

Le Pakistan des années 80, c'était l'époque du général Zia arrivé au pouvoir en 1977 par un coup d'Etat. Cet homme disparaît en août 1988 dans un accident d'avion dont les causes sont aujourd'hui encore mystérieuses. Toutes les théories ont circulé et circulent encore. Défaillance mécanique ou intervention étrangère (américaine ou soviétique) ? Que s'est-il passé ce 17 août à Bahawalpur ?

Mohammed Hanif a décidé de développer une fiction autour de cet accident. L'histoire qu'il raconte est sortie de son imagination mais les personnages du roman, du moins les plus hauts placés, ont réellement existé.

En août 1988, un officier de l'armée est le seul survivant d'un accident d'avion qui a coûté la vie à un chef d'Etat et un ambassadeur américain. Trois mois plus tôt, ce jeune homme avait été interrogé et emprisonné suite à la disparition de son compagnon de chambrée. Ali Shrigi, le jeune officier, est le fils d'un militaire qui s'est suicidé ou qui a été suicidé. Sa mort reste un mystère et son fils souhaiterait en savoir plus. Mais dans l'armée et à cette époque, il est de bon ton de ne pas rechercher la vérité.

C'est un roman qui se passe dans le milieu militaire, dans une dictature, dans une région du monde qui, à l'époque, est au coeur de la guerre froide (le pays sert de base arrière aux Occidentaux, en premier, les Etats-Unis, pour combattre les Soviétiques qui occupent l'Afghanistan). Mais le roman ne se limite pas à cela. Et j'ai trouvé que les histoires secondaires de ce roman sont tout aussi importantes parce qu'elles reflètent ce qu'a été et ce qu'a fait le général Zia. On découvre un dictateur qui lit beaucoup le Coran : cela est à mettre en corrélation avec l'islamisation du pays qu'il a menée. L'histoire de Zaynab, une aveugle violée et finalement accusée d'adultère, rappelle que le code pénal a été profondément modifié sous cette dictature avec un durcissement des peines. L'emprisonnement d'Ali Shigri rappelle la dictature et l'injustice.

C'est un bon roman, bien ficelé, intéressant. C'est un roman "masculin" (théorie de complot, armée) mais je pense qu'il peut plaire à une personne qui s'intéresserait à l'Histoire avec un grand "H". Il faut aussi noter que les personnages féminins secondaires sont des personnages intéressants (ah, la personnalité de la Première Dame).

L'auteur connaît bien l'armée pakistanaise puisqu'il a lui même servi en tant que pilote avant d'embrasser une carrière de journaliste à la BBC (section Ourdou) à Londres. Il vit aujourd'hui à Karachi au Pakistan (à lire : cet article du Guardian dans lequel il relate le retour sur sa terre natale).

"Attentat à la mangue" a été distingué par le Prix Commonwealth 2009 du meilleur premier roman. Pour info, ce prix est décerné à des écrivains anglophones des pays du Commonweath (il y a des prix par zones géographiques et deux prix généraux).

"Attentat à la mangue" est le second roman pakistanais de la rentrée littéraire. C'est une littérature qui mériterait d'être mieux connue, autant que peut l'être celle du grand pays voisin, l'Inde. Pour avoir quelques idées de lecture, vous pouvez consulter ma rubrique "Pakistan".

Publié par les Editions des 2 terres (2009) / Traduit par Bernard Turle 

01 septembre 2009

La Vaine attente / Nadeem Aslam

La_Vaine_attente

Dans un village afghan au nom prédestiné Usha (qui signifie "larme") vit un vieil homme esseulé. Dans une maison autrefois pleine de vie, de parfum, de poésie et de culture, il ne reste que cet homme, Marcus, ancien médecin et anglais d'origine.

Sa solitude est troublée par l'arrivée d'une femme, Lara, originaire de Russie. Elle est à la recherche de son frère, soldat de l'armée soviétique, disparu en Aghanistan dans les années 80.

Cette présence féminine fait ressurgir le passé de Marcus, du village et l'histoire d'un pays meurtri. La période d'occupation soviétique a vu disparaître Zameen, la fille de Marcus et de son épouse afghane, Qatrina. La période des taliban a vu Marcus perdre sa main et surtout son épouse.

D'autres personnes rôdent aussi dans la région : David, ancien agent de la CIA et Casa, apprenti terroriste. Tous sont des victimes directes ou indirectes des soubresauts qu'a connus cette région poudrière.

Ce roman est le roman de l'attente : attendre pour connaître enfin la vérité sur ce qui est arrivé à des êtres chers, attendre pour que revienne un petit-fils jamais connu. Ce roman est une fiction mais une fiction qui met en lumière une région meurtrie, l'Aghanistan mais aussi la région de Peshawar au Pakistan qui a vu affluer les réfugiés afghans ces trois dernières décennies.

Un très bon roman, prenant.

Nadeem Aslam est né en 1966 au Pakistan et vit aujourd'hui à Londres. Il est l'auteur d'un autre bon roman, "La Cité des amants perdus".

Publié par Seuil (2009) / Traduit par Claude Demanuelli

N.B. : A partir d'aujourd'hui, j'ai décidé d'indiquer le nom du traducteur car sans son travail, je ne pourrais pas lire tous ces romans qui me passionnent.

16 août 2008

Toba Tek Singh / Saadat Hasan Manto

Toba_Tek_SinghJe lis beaucoup mais je manque souvent de temps pour écrire les billets. Par conséquent, je ne fais pas d'article pour chaque livre lu et lorsque j'en fais un, cela peut être longtemps après avoir refermé le livre. Et c'est le cas pour ce recueil de nouvelles du Pakistanais Saadat Hasan Manto : j'ai refermé le livre il y a déjà trois bonnes semaines.

Avant de parler de son recueil de nouvelles, je vais présenter l’auteur, car la vie de l’auteur a influencé son œuvre. Saadat Hasan Manto a eut une vie à l’image des soubresauts de l’histoire qu’a connu cette région dans la première moitié du 20ème siècle. Il naît en 1912 dans une localité du Pendjab qui restera indienne en 1947. Il passe son enfance à Amritsar, toujours au Pendjab. Sa famille est plutôt aisée et cultivée : son père a une solide culture ourdou et arabo-persane qu’il transmet à son fils. Mais Saadad Hasan Manto a sans doute aussi hérité de la culture arabo-persane de sa mère, dont la famille était originaire de Kaboul. Du côté paternel, on revendique des origines cachemiries (une petite anecdote : l’Inde a aussi connu un autre cachemiri ourdouphone très célèbre, il s’agit de Nehru). Jeune adulte, il sera initié aux littératures française et russe ; il est d’ailleurs le traducteur en ourdou de « Les Derniers jours d’un condamné à mort » de Victor Hugo (traduction effectuée à partir de l’anglais). Saadat Hasan Manto n’a jamais eu un emploi stable de toute sa vie. Il a été journaliste, novelliste et scénariste. En 1947, survient la Partition qui sépare le Sous-continent indien en deux nations : l’Inde et le Pakistan. Manto étant musulman, il part pour le Pakistan où sa femme et le reste de la famille l’ont déjà précédé. Il s’installe à Lahore (Pendjab pakistanais) mais Manto ne pourra jamais y être scénariste, il survivra en écrivant des nouvelles. Son installation au Pakistan a marqué le début de la fin. Manto a sombré dans l’alcoolisme et il meurt prématurément à l’aube de ses 43 ans en janvier 1955. Né dans les Indes britanniques, il est mort Pakistanais.

Son vécu, les évènements historiques et tragiques dont il a été le témoin ont marqués son œuvre. Dans le recueil « Toba Tek Singh », les histoires évoquent les massacres perpétrés par l’armée coloniale (dont Manto a été le jeune témoin à Amritsar, la ville de son enfance) mais le grand sujet est la Partition. Dans la majorité de ses nouvelles, Manto évoque les relations entre les différentes communautés religieuses dans le Raj des années 40 et au moment de la Partition. Cette partition s’est accompagnée de massacres que Manto relate avec force et réalisme. L’auteur n’a aucun parti pris. Il relate ces évènements dont il a été le témoin mais aussi la victime puisqu’il a dû quitter la ville où il avait construit sa vie pour l’inconnu. Le recueil doit son nom à une nouvelle éponyme. Dans cette nouvelle, les autorités des deux nouveaux pays décident d’échanger leurs fous restés du mauvais côté de la frontière au moment de la Partition. C’est sans doute une façon de dire que le monde était devenu fou.

Donc, ce recueil est excellent, par l’écriture, par les thèmes abordés. Saadat Hasan Manto est aujourd’hui l’auteur ourdouphone le plus lu des deux côtés de la frontière indo-pakistanaise. Il réussit à rassembler deux pays (Bollywood y arrive aussi très bien) qui n’arrivent pas à s’accorder côté diplomatique.

Précision : Le recueil de Saadat Hasan Manto est directement traduit de l'Ourdou, ce qui est peu courant. L'Ourdou, qui s'appelait aussi Hindoustani avant 1947, est une langue très proche de l'Hindi (en général, les Ourdouphones peuvent comprendre l'Hindi et vice-versa) et est généralement considérée comme la langue des musulmans du Nord du Sous-Continent indien. Cette langue est langue nationale et officielle du Pakistan. L'Ourdou est toujours parlé en Inde mais n'a pas le statut de langue officielle de l'Union Indienne. Par contre, cette langue est langue officielle dans quatre Etats du pays : Andhra Pradesh, Delhi, Jammu-et-Cachemire, Uttar Pradesh.

Publié par Buchet Chastel (2008)

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15 juillet 2008

L'Intégriste malgré lui / Mohsin Hamid

Mohsin_HamidDe nos jours à Lahore (Pakistan), Tchenguiz raconte sa vie à un Américain inconnu rencontré dans un parc. Il lui raconte sa vie aux Etats-Unis : études à Princeton, emploi vite trouvé dans une entreprise américaine qui l'envoie aux quatres coins du monde, une petite amie américaine. Puis survient la tragédie du 11 septembre. Tchenguiz, jusque là un anonyme parmi tant d'autres, devient voyant, trop voyant...
C'est un roman sans prétention construit comme un long monologue mais absolument pas ennuyeux. Ce roman montre, à travers un destin fictif, les conséquences du terrorisme sur la vie des Musulmans aux Etats-Unis.

Sur l'auteur : Né à Lahore en 1971, il a fait lui-aussi ses études à Princeton et a travaillé à New York. Il vit aujourd'hui entre Londres et le Pakistan. Ce roman est son second roman (le premier attend son tour de lecture dans ma PAL !).

Publié par Denoël (2007)

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22 mai 2008

Transgression / Uzma Aslam Khan

TransgressionD'après la quatrième de couverture, l'auteur a écrit "le" roman du Pakistan. C'est vrai dans la mesure où la diversité des personnages est à l'image de la diversité du pays. C'est un roman dense (plus de 600 pages) où foisonnent personnages et situations.
Il y a Dia, une jeune fille, dont le père a été assassiné et dont la mère, Riffat, contrairement à la majorité des femmes, travaille et un travail qui en impose : elle est chef d'entreprise. Il y a Daanish, étudiant aux Etats-Unis et qui rentre à Karachi pour les vacances. L'y attend sa mère, Anu, qui a organisé des rencontres en vue d'un mariage arrangé. Il y a aussi Salaamat. Né dans un village de pêcheurs qui ont dû abandonner leur activité, il est parti très tôt pour la ville. Exploité par ses employeurs, il prend une mauvaise tournure en devenant "dacoit" (bandit de grand chemin).
C'est un roman passionnant où l'on découvre des personnages qui doivent choisir leur destin, quitte à transgresser les règles morales ou celles de la société pakistanaise.
A découvrir. C'est sans doute l'une des meilleures lectures de ce mois.

Sur l'auteur : Elle est née en 1970 (?) à Karachi (Pakistan). Elle a fait des études de littérature aux Etats-Unis. Elle vit aujourd'hui à Lahore (Pakistan) avec son mari, l'écrivain David Maine. "Transgression" est son second roman mais le seul traduit en français.

Publié par Picquier (2007)

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29 mars 2008

Plus de place pour enterrer nos morts / Feryal Ali Gauhar

Plus_de_place_pourLe titre indique à lui seul que ce roman n’aborde pas un sujet facile. Et c’est vrai. Il faut être soi-même dans un bon moment pour en débuter la lecture.
Septembre 2002. Afghanistan. Un soldat américain est capturé par des rebelles et emprisonné dans un asile d’aliénés. Comment en est-il arrivé là ? C’est un ancien bibliothécaire, il a aussi travaillé comme ambulancier et il rêvait de reprendre ses études universitaires. Mais l’annonce de la mort de Carlos, mari de sa sœur, bouleverse sa vie. Pour trouver, pour sa sœur, une raison qui l’aide à comprendre la mort de Carlos, il s’engage dans l’armée. Et puis il est capturé lors d’une patrouille de reconnaissance.
Les rebelles le déposent dans un asile laissant aux internés la charge de sa surveillance. Pour l’asile, imaginez un ensemble de bâtiments en pierre disposés autour d’une cour
. L’ensemble est en partie en ruines et perdu au milieu de nulle part. Les « habitants » du lieu ne sont pas tous des fous, ce sont plutôt des estropiés de la vie. Au fil du récit, on se prend à s’attacher aux personnages dont les histoires particulières, toujours tristes, sont dévoilées au fur et à mesure du récit.
Le roman débute comme un journal intime et puis ce style est abandonné. Le changement de style correspond au changement intérieur du narrateur, le soldat américain. Au début, il est vraiment
extérieur au lieu, il observe les autres. Puis il est progressivement intégré à cette communauté. Et finalement, on peut se demander si le plus fou n’est pas celui qui vient de l’extérieur.
J’ai beaucoup aimé ce roman. Le sujet est certes difficile mais je crois que cette lecture en vaut la peine.

Sur l’auteur : Feryal Ali Gauhar est née dans un milieu aisé à Lahore (Pakistan) en 1959. Elle est diplômée en sciences politiques. Elle a été mannequin, réalisatrice de publicité et de documentaires, actrice, ambassadrice itinérante du FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la Population). C’est une femme engagée. Elle a été emprisonnée durant deux semaines pour avoir manifesté contre la dernière dictature militaire de son pays et anime actuellement une émission politique. Son premier roman, un best-seller non traduit en français, traitait de la marginalisation dans le quartier des prostituées à Lahore et de l’exploitation de la misère par les fondamentalistes.

Publié par Picquier (2008)

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21 mars 2008

Fille de l'Orient / Benazir Bhutto

Fille_de_l_OrientLe 27 décembre 2007, la vie de Benazir Bhutto a pris fin de façon tragique lors d'un attentat à Rawalpindi (Pakistan). Elle était en pleine campagne électorale pour les législatives prévue en janvier 2008.
Benazir Bhutto avait déjà été Premier ministre de son pays par deux fois. Lors de sa première accession à cette haute fonction en 1988, elle avait publié son autobiographie. "Fille de l'Orient" est cette autobiographie enrichie des presque deux décennies qui ont suivi cette première parution.
La plupart d'entre nous la connaissons en tant que Premier ministre mais elle a suivi un chemin sinueux avant d'y arriver. Elle naît en 1953 dans une grande famille du Sind (province du sud du Pakistan). La famille est propriétaire terrienne et très engagée politiquement : le grand-père de Benazir fut Premier ministre d'un état princier dont le territoire est aujourd'hui en Inde. Son père, Zulfiqar Ali Bhutto, fut lui-aussi Premier ministre du Pakistan dans les années 70, ce qui valut à Bénazir, alors étudiante à Harvard puis Oxford, de cotoyer des personnalités comme Indira Ghandi. Mais en 1977, son père est destitué par un coup d'Etat militaire. Et deux ans plus tard, il est pendu. Pendant ce temps, Benazir mais aussi sa mère, Nusrat, sont régulièrement emprisonnées. Cela n'empêche nullement Benazir de participer à l'opposition à la dictature militaire. En 1984, elle est libérée et part en exil en Grande-Bretagne où elle continue à lutter contre la dictature...
C'est un livre dense et intéressant. Il permet de découvrir la face sombre de la dictature militaire de Zia ul-Haq (1977-1988), le traitement affligé aux opposants. La dernière partie du livre consacrée aux années 90 & 2000 est une intéressante réflexion sur les évènements et les actions qui ont mené à la situation que l'on connaît aujourd'hui avec une forte présence de l'extrêmisme musulman dans certaines parties du globe. Mais, car il y a un "mais", ce livre sont les mémoires de Benazir Bhutto donc il ne contient qu'une version des faits, celle de l'auteur. Et comme avec tous les ouvrages d'histoire, il faut savoir prendre du recul et faire preuve d'esprit critique. Quelques éléments m'ont gênée au cours de ma lecture, ce sont les descriptions sur le soutien du peuple au "Parti du Peuple Pakistanais" (le parti de Benazir Bhutto fondé par son propre père). Comme dans tous les pays du monde, les Pakistanais ne pensent pas tous la même chose et les descriptions de liesse populaire m'ont laissée perplexe. Autres informations à prendre avec du recul : ses réalisations. Le dernier chapitre comporte une liste des réalisations de Benazir Bhutto selon elle-même. Et une a retenu mon attention, celle concernant la lutte contre la polio. Elle affirme que les réalisations menées au cours de ces mandats ont abouti à l'éradication de cette maladie ; mais, à l'heure actuelle, le Pakistan est l'un des six pays (avec ses voisins, l'Inde et l'Afghanistan) où cette maladie sévit de façon endémique et où les campagnes de vaccination sont parfois difficiles à mener en raison de l'opposition de certains mollahs.

Publié par les Editions Héloïse d'Ormesson (2008)

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28 janvier 2008

Mister Candy / Bapsi Sidhwa

Mister_CandyLahore, années 40. Lenny est une petite fille d'une famille parsie (articles de Wikipedia : en français et en anglais) . Victime de la polio, elle en garde des séquelles. Mais cela ne l'empêche nullement d'être une fillette curieuse, énergique. Elle adore son ayah, une hindoue. Elle adore ce monde cosmopolite dans lequel elle vit. Mais l'Histoire est en marche. C'est la fin d'une époque (les Indes britanniques). Un nouveau pays est en train de naître dans la douleur : le Pakistan.
Au fil du récit, le ton change. L'insouciance du début laisse peu à peu la place aux évènements tragiques : la fuite des populations (hindous et sikhs vers l'Inde, musulmans vers le Pakistan), les massacres, les enlèvements et viols des femmes... La famille de Lenny vit ses évènements de près. La famille n'est pas directement menacée (les Parsis forment une petite communauté qui n'a pas pris partie pour un camp ou un autre) mais elle aide les victimes.
Après La Fiancée pakistanaise, j'ai pris plaisir à retrouver la plume de Bapsi Sidhwa (qui a grandi à Lahore et qui est elle-même Parsie, elle a d'ailleurs la même façon d'évoquer sa communauté que l'écrivain indien parsi Rohinton Mistry).

Publié par Actes Sud (1997)

J'ai déjà écrit quelques notes sur les romans indiens et pakistanais évoquant cette période : vous les trouverez ici, et encore là.

Edit du 30/01/08
A découvrir, le site de l'auteur : www.bapsisidhwa.com

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25 août 2007

La Fiancée pakistanaise / Bapsi Sidhwa

Fianc_e_pakistanaiseTrès peu de romans pakistanais sont traduits en français. "La Fiancée pakistanaise" est donc l'un des seuls livres permettant de juger de la qualité de cette littérature.
L'histoire commence dans les années 40. Qasim, montagnard du nord du Pakistan, perd sa femme et ses enfants. Il part pour une ville des plaines. Survient la Partition. Qasim est obligé de quitter la ville devenue indienne pour rejoindre son nouveau pays, le Pakistan. Les scènes décrites rappellent l'horreur ayant accompagné cette indépendance. Témoin d'un massacre, Qasim recueille une fillette, Zaïtoon, baptisée ainsi en souvenir de sa petite fille. Il l'élève comme sa fille à Lahore. Enfant choyée et éduquée, Zaïtoon ignore tout des coutumes des montagnes natales de son père adoptif. A la fin de son adolescence, Qasim décide de la marier au fils d'un cousin, resté au village. Qasim et Zaïtoon entreprennent un long voyage de Lahore au Karakoram. Le lecteur voyage lui-aussi dans ses paysages de montagnes, les descriptions font deviner des paysages grandioses et un monde rude. Arrivé au village, Zaïtoon est mariée comme prévu à Sakhi. Mais rien ne se passe comme prévu. Zaïtoon ne s'habitue pas à la vie au village, aux moeurs tribales... Elle s'enfuit...
Cela fait longtemps que je voulais lire ce livre. Et je n'ai qu'un regret : ne pas l'avoir lu plus tôt. Ce livre est vraiment très bien. L'auteur a un très bon style.

Publié par Actes Sud (1996); et Babel (1997)

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15 août 2007

Les 60 ans du Pakistan

Le Pakistan fête cette semaine le 60ème anniversaire de son indépendance acquise le 15 août 1947. Parmi les articles publiés dans les médias, un s'intéresse à la littérature pakistanaise de langue anglaise. Il s'agit d'un article du "Guardian". Si vous souhaitez le lire, cliquez ici.

Un roman en français évoque cette période :
Mister Candy / Bapsi Sidhwa (Publié par Actes Sud - 1997)

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