19 août 2008
Les Portes de Damas / Lieve Joris
Au lendemain de la première guerre du Golfe, Lieve Joris, écrivain belge, part en Syrie. Elle s’installe chez Hala, une amie syrienne qu’elle a rencontrée à Bagdad une dizaine d’années auparavant. Hala, intellectuelle, professeur, était alors une jeune mariée. Mais son bonheur fut de courte durée. Quelques mois après la naissance d’Asma, la fillette du couple, Ahmed, le mari d’Hala est arrêté et emprisonné pour des motifs politiques. Onze ans après les faits, au moment du séjour de Lieve Joris, Ahmed est toujours en prison. Et Hala a dû organiser sa vie en tenant compte de la séparation.
Lieve va se rendre compte par elle-même de l’étau dans lequel sont tenus les Syriens (à l’époque d’Hafez el-Assad ; même si le régime syrien est toujours une dictature, je n’ai pas assez de connaissance pour affirmer si les Syriens ont plus ou moins de libertés individuelles depuis le passage du pouvoir au fils el-Hassad). Hala évoque la difficulté d’être femme de prisonnier politique, à cause de la suspicion mais aussi (et c’est peut-être le plus important) à cause de l’absence de vie de couple et de famille. Et on la sent parfois au fil du récit se détacher de la situation de son mari, d’essayer d’avoir une vie la plus normale possible pour sa fille Asma ; ce qui n’est pas évident lorsqu’on a été obligé de retourner vivre chez sa mère.
Avec Hala mais aussi avec d’autres Syriens, notamment des chrétiens, Lieve part en excursion en dehors de Damas pour mieux s'imprégner du pays et de son ambiance. Lieve discute beaucoup de politique, du poids de la communauté alaouite (minoritaire mais détentrice du pouvoir). Lieve se rend alors compte que, même si elle soutient Hala et d’autres dans leur opposition au pouvoir en place, elle n’est pas d’accord avec leurs propres façons de voir l'exercice politique.
C’est le premier livre que je lis sur la Syrie, un pays que je ne connais que par l’intermédiaire des médias. Ce fut donc une lecture intéressante.
Publié par Babel (2001)
