20 juillet 2009
Le Retour à la terre
Voici la suite des aventures de Manu et Mariette, jeune couple de citadin parti s'installer à la campagne. Ils ont désormais un bébé, une petite fille prénommée Capucine. L'arrivée d'un enfant n'est pas de tout repos et les choses se compliquent pour Manu lorsque Mariette décide de reprendre le chemin de la fac. Manu se retrouve père au foyer tout en restant dessinateur et devant rendre des comptes à son éditeur.
Aux Ravenelles, la vie s'écoule paisiblement. Mais des élections municipales et la menace d'implantation d'un hypermarché secouent sa tranquillité.
Les tomes 4 & 5 ("Le Déluge" & "Les Révolutions") sont dans les mêmes style et ton que les précédents. C'est toujours aussi plaisant à lire.
D'autres tomes vont-ils être publiés ?
Publié par Dargaud (2006 & 2008)
Pour lire les précédents billets sur cette série, c'est par ici et par là.
18 juin 2009
Le retour à la terre (suite)
J'ai déjà présenté le premier volume de cette série dans un précédent billet. Je reviens avec les volumes 2 et 3.
On y retrouve Manu, Mariette et leur chat Speed (ne pas se fier au nom !) aux Ravenelles. Le couple est désormais installé dans le village. Tous les signes sont là : Manu a des projets pour l'aménagement extérieur de la maison, les villageois lui demandent quelques réalisations (il faut bien qu'ils mettent à profit le fait d'avoir un auteur de bandes dessinées même s'ils ne comprennent pas très bien le métier de Manu), Manu et Mariette ont moins de contacts avec leurs amis citadins... Et puis la famille va s'agrandir, ce qui déclenche quelques angoisses chez Manu.
Ces volumes sont à l'image du premier volume de la série : des saynètes qui sentent le vécu et un ton plein d'humour.
Publié par Dargaud (2005)
11 juin 2009
Le retour à la terre / Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet
Après avoir lu des billets sur cette BD sur quelques blogs de lecteurs (mais je ne sais plus sur quels blogs !), je me suis laissée tentée. Direction la bibliothèque. Il (n') y avait (que) le tome 1 dans les bacs.
Le retour à la terre, c'est l'histoire de Manu et Mariette qui décide de quitter la banlieue parisienne pour s'installer à la campagne, plus précisément aux Ravenelles (le nom du lieu fleure bon le terroir !). Dans ce tome 1 intitulé "La vraie vie", on suit leur arrivée dans leur nouvelle demeure, une maison en location. Mais s'installer à la campagne n'est pas aussi facile qu'imaginé. Il est difficile de quitter sa vie antérieure, ainsi Manu a t-il souvent au téléphone des amis toujours citadins. Et puis, peu à peu, on prend le pli. Manu chante désormais comme Francis Cabrel...
Je ne suis pas une grande fan du dessin mais j'ai beaucoup aimé les histoires et le ton humouristique.
Publié par Dargaud (2005)
08 février 2009
Je me souviens, Beyrouth / Zeina Abirached
J'ai découvert les bandes dessinées de la libanaise Zeina Abirached avec "Le Jeu des hirondelles". Elle vient de publier une nouvelle bande dessinée que j'ai découverte lors d'une séance de dédicace dans une librairie parisienne. Je suis donc sortie de la librairie avec un nouveau livre, dédicacé.
Dans cette nouvelle oeuvre, on retrouve le Liban en guerre des années 80. Zeina raconte ses souvenirs : les coupures d'électricité et de gaz, le père qui écoute de la musique à fond pour ne pas entendre les bruits de la guerre, la voiture familiale criblée de balles, la drôle de collection de son frère...
On retrouve dans "Je me souviens" le même graphisme et le même ton que dans "Le Jeu des hirondelles".
Mon billet est très court (heureusement, l'intérêt d'un livre n'est pas proportionnel aux nombres de lignes du billet). Il ne vous reste plus qu'à découvrir cette excellente bande dessinée.
Publié par Cambourakis (2008)
02 août 2008
Burqa ! / Simona Bassano di Tufillo, Jamila Mujahed
Ce que j'aime, lorsque je vais à la bibliothèque municipale, c'est faire des découvertes. Ma dernière découverte est ce livre classé au rayon "bandes dessinées" même s'il ne ressemble pas à une BD. C'est un livre qui a le format et l'épaisseur (48 p.) d'un album pour jeunes enfants.
Le sujet est la burqa ou plutôt comment vivre avec. Le livre se compose de deux parties. Sur la page de gauche, le texte "Ma vie à Kaboul" de Jamila Mujahed. Sur la page de droite, les illustrations de l'italienne Simona Bassano di Tufillo.
"Ma vie à Kaboul" est autobiographique. L'auteur explique l'histoire de la burqa et cela met à mal certaines idées reçues. Les talibans sont arrivés sur un terrain qui avait déjà été préparé par les Moudjahidin, qui, par certaines de leurs actions, avaient imposé peu à peu le port de la burqa. L'auteur parle aussi de ce qu'a représenté pour elle cette obligation de porter ce vêtement lorsque les talibans ont pris le pouvoir.
Les illustrations sont à la fois humoristiques et acides. Elles montrent l'absurdité des situations lorsque les femmes sont obligées de porter la burqa.
Ce livre a reçu le parrainage d'Amnesty International.
Publié par Les Editions de La Martinière (2008)
Jamila Mujahed est journaliste et défenseur des droits de la femme. Elle préside une ONG, "The Voice of Aghan Women's Association and Radio". Elle est la fondatrice du premier magazine féminin afghan, "Malalaî", un magazine qui a vu le jour après la chute des talibans. Elle a reçu de nombreux prix dont le prix Johann Philipp Palm "Pour la liberté de la presse et d'opinion" (voir l'article de Qantara.de)
Simona Bassano di Tufillo est une artiste italienne engagée.
30 juin 2008
Rwanda 1994 / Masioni, Grenier, Ralph
Personne n'a oublié le génocide qui a plongé le Rwanda dans l'horreur d'avril à juillet 1994.
Cécile Grenier voulait en savoir plus sur l'Afrique et son histoire. Alors elle s'est rendue au Rwanda en 2002. Pendant six mois, elle y a mené une enquête, s'est rendue sur les lieux de la barbarie et a rencontré des témoins. De retour en France, elle a voulu en faire une histoire. Le résultat, c'est cette bande dessinée en deux tomes, un travail réalisé en commun avec le scénariste Ralph et le dessinateur Pat Masioni.
"Rwanda 1994" met en scène des personnages de fiction. Ils représentent les millions de Rwandais qui ont vécu le génocide.
"Descente en enfer" (tome 1) : Mathilde et ses trois enfants vivent à Kigali. Tout le monde est heureux, un mariage franco-rwandais est prévu. Mais l'assassinat du président va plonger le pays dans le chaos. Les Hutus lancent une chasse aux Tutsis. Or la famille de Mathilde est tutsie. Elle va tenter de fuir mais va se heurter au refus des Occidentaux de l'évacuer. S'en suit une fuite de cachette en cachette, la peur, la faim...
"Le Camp de la vie" (tome 2) : Certains membres de la famille ont survécu. Mais l'horreur n'a pas complètement cessé. Des Rwandais ont trouvé refuge dans des camps au Zaïre.
C'est une bande dessinée bien faite, nécessaire. A la fin du premier tome est expliquée l'histoire de ce petit pays, parce que les racines du génocide sont ancrées dans l'histoire. La fin du second tome aborde l'après-génocide.
Publié par Albin Michel (2005) et Vent des Savanes (2008)
Vent des Savanes a repris le catalogue BD d'Albin Michel donc vous pouvez trouver le premier tome dans leur catalogue.
Sur le même sujet :
Un livre
"L'Ombre d'Imana" de Véronique Tadjo (Actes Sud, 2000 ; Babel, 2005)
En 1998, l'auteur a été conviée au Rwanda dans le cadre d'une résidence d'écrivains. Il en est ressorti ce livre poignant. Je l'ai lu en 2001 mais il est resté présent. Je me souviens en particulier de deux histoires : celle d'une femme violée et propablement contaminée par le sida et celle d'une famille mixte dont le père, un Européen, était en Europe au moment du génocide. Sa famille a survécu mais est à tout jamais brisée.
Deux films
- "Hôtel Rwanda" de Terry George (2004) (disponible en DVD)
Il s'inspire d'une histoire vraie, celle de Paul Rusesabagina. Il était directeur du plus bel hôtel de Kigali, un hôtel appartenant à un groupe européen. Mais, dès le début des massacres, la direction européenne va le laisser tomber et par la même occasion, abandonner les Rwandais menacés réfugiés dans l'hôtel.
- "Quelques jours en avril" de Raoul Peck (2005)
Le réalisateur a voulu monter les mécanismes du génocide à travers le destin de deux frères.
03 février 2008
Le Cambodge en enfer
De 1975 à 1979, le Cambodge a connu la pire période de son histoire récente : le génocide perpétré par les Khmers rouges a conduit vers la mort 2 millions de personnes.
Sera, franco-cambodgien, de son vrai nom Phoussera Ing, est né au Cambodge en 1961. Il est présent à Phnom Penh lorsque les Khmers rouges prennent le pouvoir le 17 avril 1975. Réfugié à l'ambassade de France, il est expulsé vers la Thaïlance à la fin du mois d'avril 1975. Il a raconté cette période de l'histoire de son pays natal en bande dessinée.
L'Eau et la Terre : Cambodge 1975-1979
Lorsque les Khmers rouges prennent le pouvoir, ils décident d'évacuer les villes en faisant croire aux habitants que cela ne durera que quelques jours. Peu à peu, les ex-citadins perdent les maigres biens qu'ils avaient emportés. Tout est interdit (les vêtements de couleur, les fêtes, la musique...). Les exécutions commencent. Le pays se ferme, il n'y a plus aucun contact avec l'extérieur.
Ce premier volume met en scène des destins croisés : un jeune Khmer rouge, des ex-citadins qui trouvent refuge dans une maison en face d'une prison de Santebal (la sécurité intérieure), des Chams (musulmans ; 36% d'entre eux ont disparu pendant cette période selon Ben Kiernan, chercheur australien et directeur du Cambodian Genocide Program de l'Université de Yale )...
Lendemains de cendres : Cambodge 1979-1993
Ce second volume évoque deux périodes : 1978-1979 et 1993.
Fin 1978, le régime est sur le déclin, les Vietnamiens menacent d'envahir le pays. Les exécutions continuent, il y a des purges au sein même des Khmers rouges. Puis, en décembre 1978, l'armée vietnamienne envahit le pays. A nouveau, la population est déplacée dans la plus grande confusion. Le régime chute début janvier 1979. Les survivants vont chercher à fuir leur pays. La Thaïlande accueille des milliers de réfugiés, des camps sont organisés.
En 1993, Sera retrouve son pays dix-huit ans après l'avoir quitté. 1993 est aussi l'année de fermeture des camps de réfugiés en Thaïlande. Le Cambodge est placé sous la protection de l'Apronuc (Autorité provisoire des Nations Unies pour le Cambodge).
Ce sont deux bandes dessinées marquantes. Le dessin est très réaliste, proche de la photographie. Sera a inséré beaucoup de textes khmers anciens et de slogans khmers rouges. Il y a aussi des cartes montrant les déplacements de population, l'emplacement des prisons et charniers, la localisation des camps de réfugiés...
Publiés par Delcourt (2005 & 2007)
A l'occasion de la sortie du premier volume, Sera avait accordé une interview au site Auracan (site d'actualité BD) : à lire ici.
Broderies / Marjane Satrapi
Marjane Satrapi se souvient des déjeuners organisés par sa grand-mère. Ils étaient suivis d'une discussion entre femmes, l'occasion de raconter ses histoires personnelles et de dévoiler des potins. Les sujets les plus sérieux y étaient abordés : virginité, mariage (arrangé, forcé, avec un émigrant qui se dévoile après la mariage), fidélité... Le ton est celui de la franchise, les mots sont parfois crus, le tout avec une pointe d'humour.
J'ai pris plaisir à retrouver le ton et le trait de Marjane Satrapi : cette lecture fut un moment de bonheur et de détente.
Savez-vous ce que sont les broderies ? Non ? Alors, pour le savoir, lisez cette bande dessinée !
Publié par L'Association (2003)
16 décembre 2007
Le Jeu des hirondelles : mourir partir revenir / Zeina Abirached
L'histoire se passe à Beyrouth-est en 1984. Elle raconte une nuit de la vie des habitants d'un immeuble situé sur la ligne de démarcation. Dès les premières pages, l'ambiance de la guerre est là : murs de sacs de sable ou de parpaings, barils... barrent les rues, les fenêtres... Sami et Nour sont coincés chez la mère de Nour, à quelques rues de chez eux, autant dire le bout du monde en ces temps de guerre. Pendant ce temps-là, leurs deux enfants sont restés seuls à la maison mais peu à peu leur appartement va se remplir des voisins. Ou plutôt tout le voisinage va se serrer dans l'entrée de cet appartement, endroit le plus sûr pendant les bombardements. Et toutes les histoires de ces personnes sont racontées dans cet espace confiné.
J'ai adoré cette BD dont le ton et le graphisme rappelent les ouvrages de Marjane Satrapi.
Présentation de l'auteur sur le site "Les Belles étrangères".
Publié par Cambourakis (2007)
04 octobre 2007
Calcutta / Sarnath Banerjee
Au 18ème siècle, à Calcutta, un Juif Syrien prend note dans un journal de tous les scandales frappant les colons anglais. En 1950, à Paris, un étudiant indien achète un livre intitulé "Les Tribulations du chat-huant". De nos jours, à Londres, le petit-fils de l'acheteur indien apprend la mort de son grand-père et l'héritage qu'il lui laisse. Ce résumé est très linéraire, la BD l'est beaucoup moins. Le lecteur est emporté dans un incessant voyage dans le temps et est confronté à une multitude de personnages (colons anglais, babus, parsis... ) qui ont fait l'histoire de Calcutta.
Côté graphisme, la majorité des dessins sont en noir et blanc. Mais ici et là, apparaissent des dessins en couleurs et même des photos du Calcutta contemporain.
Le scénario est étrange mais ce livre est un moyen de faire connaissance avec la BD indienne.
Présentation de l'auteur sur la jaquette : "En 2004, Sarnath Banerjee a publié Corridor, considéré comme le premier graphic-novel indien de tous les temps. L'étonnante maîtrise de ce voyage au coeur d'une Inde moderne a assuré au livre un retentissement mondial et à son créateur le statut d'auteur globalisé. Banerjee écrit en anglais. Sa manière graphique emprunte à la BD européenne, aux comics US et aux mangas, tout en gardant une identité très personnelle, fortement indienne. Ce citoyen planétaire, imprégné de culture occidentale comme orientale, partage sa vie entre l'Europe et l'Asie. Artiste complet, il pratique aussi la vidéo."
Site officiel de l'auteur : www.sarnathbanerjee.com
Publié par Denoël (2007)








