Mille et Un Livres

Blog de littératures asiatiques

28 octobre 2009

Zoyâ Pirzâd récompensée

L'an dernier, "Courrier International" a créé son propre prix littéraire, le Prix Courrier International du meilleur livre étranger.

Ce prix a été attribué il y a quelques jours à l'écrivain iranienne Zoyâ Pirzâd pour son recueil paru chez Zulma au printemps dernier, "Le Goût âpre des kakis".

Vous pouvez lire ici mon billet sur ce livre.

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16 juin 2009

"Ne jamais franchir la ligne rouge sinon..."

Prisonni_re_des_mollahs

A l'occasion des élections en Iran, j'ai décidé de lire Prisonnière des mollahs de Zarah Ghahramani. Les évènements qui ont suivi l'annonce des résultats rendent le récit apporté par ce livre que plus actuel.

En 2001, Zarah est arrêtée en pleine rue après avoir participé aux contestations étudiantes de 2000 et 2001. Elle est emprisonnée à Evin, une prison tristement célèbre située au nord de Téhéran et "véritable ville dans la ville". La jeune femme de vingt ans va découvrir le très dur univers carcéral : elle subit des interrogatoires musclés (à Evin, la torture n'est pas seulement un mot), elle connaît l'humiliation et la peur de sombrer dans la folie.

Comment Zarah en est-elle arrivée là ? Pourquoi a t-elle participé aux manifestations ? Les réponses à ces questions sont données par la jeune femme elle-même. Elle est née dans un famille plutôt libérale et aisée. Son père est un ancien officier de l'armée du shah (monarque qui a régné sur l'Iran jusqu'en 1979) et qui a décidé de rester en Iran après la mise en place de la République islamique. Sa mère est kurde (tout comme son père) mais de religion zoroastrienne. Très tôt, Zarah développe un esprit critique encouragée en cela par son milieu familial. Son récit met aussi en avant tout l'amour qu'elle a pour son pays, sa culture, en particulier la langue et la littérature persanes.

Issue d'une famille où l'éducation est primordiale, Zarah s'est vue interdite d'études universitaires par la justice iranienne. Elle vit aujourd'hui en Australie.

Publié par J'Ai Lu (2009)

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19 mai 2009

Le Goût âpre des kakis / Zoyâ Pirzâd

Le_Go_t__pre_des_kakis

Le dernier livre, qui vient de paraître, de l'Iranienne Zoyâ Pirzâd est différent de son roman publié il y a moins d'un an. Différent parce qu'il s'agit cette fois d'un recueil de nouvelles (comme son premier livre traduit en français, Comme tous les après-midi) et aussi parce qu'il revient en quelque sorte à ses premiers thèmes de prédilection, c'est-à-dire que les personnages principaux sont majoritairement des femmes.

Le recueil comprend cinq nouvelles qui montrent des femmes en tant qu'épouses, mais des épouses à un moment décisif de leur vie. Les premières femmes avec lesquelles nous faisons connaissance, Leila, Mahnaz, Simine, s'apprêtent toutes à divorcer. Il leur faut préparer ce changement de vie en faisant face à la famille, en trouvant un nouvel appartement. Elles repensent aux débuts de leur histoire de couple et aux petites histoires que des couples de leur entourage ont vécu. Mais dans ces nouvelles, il est aussi question de la mort, de la naissance de jeunes couples...

Dans ces nouvelles, on retrouve le ton, le style habituels de l'auteur. Les textes sont truffés de termes persans (glossaire à la fin de l'ouvrage pour ne pas être perdu), de références à des fêtes traditionnelles (on retrouve encore la fête du Nouvel An perse, Norouz, comme dans le roman On s'y fera). Ces histoires de femmes, de couples, on pourrait les transposer ailleurs qu'en Iran. Les thématiques seraient les mêmes, bien sûr sans certaines spécificités iraniennes. Il est à noter que ces histoires ne se déroulent pas uniquement dans l'Iran d'aujourd'hui, c'est notamment le cas de la denrière nouvelle, qui donne son nom au recueil.

Publié par Zulma (2009)

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13 mai 2009

Dentelles et tchador / Armin Arefi

Dentelles_et_tchador

Une seule phrase : j'ai vraiment adoré ce livre. C'est mon quatrième coup de coeur de l'année 2009 et le premier dans la catégorie Documents. J'aime beaucoup ces livres qui permettent de découvrir un pays de l'intérieur.

Bon, revenons au contenu du livre. De quoi parle t-il ? Le titre contient un indice. Ce livre nous amène en Iran à la découverte d'un pays et surtout de son peuple qui apparaît comme chaleureux (malgré les mésaventures de l'auteur avec ses amis).

"Dentelles et tchador", ce titre résume bien les paradoxes de ce pays, paradoxes que nous dévoile Armin Arefi. Ce dernier, français d'origine iranienne, décide en 2005 de s'installer à Téhéran pour y exercer en free lance son métier de journaliste.

Dès son arrivée à Téhéran, Armin Arefi va se heurter à une réalité dont certains aspects sont bien loin des clichés que bon nombre d'Occidentaux ont en tête. Les premières semaines, le jeune journaliste fait connaissance avec sa famille et de jeunes Iraniens : c'est une série de fêtes et de rencontres. Les fêtes sont mixtes, il y a de l'alcool... Le peuple iranien est jeune dans sa grande majorité et veut profiter de sa jeunesse. Ils trouvent des palliatifs aux interdits comme les fêtes ou les virées en voiture. Autre choc : le culte de l'apparence. Il faut exhiber ses biens matériels mais l'apparence physique est aussi importante. Et nous apprenons que le pays est adepte de la chirurgie esthétique (et si un Iranien n'a pas les moyens, ce n'est pas grave, il peut toujours faire semblant de sortir de la clinique !).

La chirurgie esthétique et le tchador ? Cela peut sembler étrange d'associer les deux. Mais en fait, dès le début du livre, un cliché tombe : le journaliste croise peu de femmes en tchador (enfin, tout dépend des quartiers). Comme les femmes ne peuvent montrer que leur visage, elles y font attention : chirurgie, maquillage... Quant au voile, c'est devenu un véritable accessoire de mode. Ainsi, à la page 225, nous avons une description des différentes collections (oui, comme n'importe quel vêtement !) et des différentes façons de le porter. Malgré ce code vestimentaire moins austère que pensé, il existe des limites à ne pas dépasser, sinon les femmes (mais aussi les hommes) risquent au mieux de passer quelques heures au poste de police.

Puisque j'évoque les hommes dans la phrase précédente, parlons-en des relations hommes-femmes. Armin Arefi définie l'Iran comme le pays de la drague. C'est un sujet assez récurrent dans le récit. Nous apprenons beaucoup de choses sur les comportements, les astuces pour avoir un espace de liberté lorsque vous êtes un couple non marié, le mariage...

Bien sûr, l'auteur n'oublie pas les sujets plus sérieux qui ont fait l'actualité : les élections présidentielles de 2005 (il est arrivé en Iran au moment de l'élection de M. Ahmadinejab), le dossier nucléaire, la liberté d'expression... En tant que journaliste, Armin Arefi a dû se frotter à l'Ershad qui délivre les cartes de presse. Pendant un an, il n'a eu aucune difficulté pour exercer son métier. Et puis, au terme de sa première année en Iran, les autorités refusent de lui renouveler sa carte de presse. Il continue cependant à exercer son métier, clandestinement donc à ses risques et périls : les services de renseignements savent tout de lui et des articles qu'ils publient dans des journaux français. En 2007, il quitte l'Iran pour échapper à la prison.

Ce livre, fait de rencontres, d'anecdotes personnelles et d'actualité, est à lire pour avoir une autre image de ce pays.

A voir (plutôt après avoir lu le livre) : un entretien de l'auteur dans le cadre de l'émission de France 24, "L'Entretien de France 24" (émission du 21 mars 2009)

Publié par les Editions de l'Aube (2009)

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08 mai 2009

A découvrir dans les rayons des bonnes librairies

Les PAL (piles à lire pour les non-initiés) ne sont jamais assez fournies. Ce billet a donc pour mission de donner quelques idées d'acquisition. Les livres présentés sont parus tout récemment en poche, à l'exception du roman japonais.

Littérature libanaise

J'ai découvert l'oeuvre de Hanan El-Cheikh au tout début des années 2000. J'ai lu tout ce qui était disponible en librairie. Il manquait juste un titre, un roman paru en 1995 et introuvable. Ce roman, "Poste restante Beyrouth" vient de paraître en poche chez Babel. Une fois cette découverte effectuée, il a fallu peu de temps pour ce que ce roman rejoigne ma PAL.

Littérature bhoutanaise

C'est une littérature peu connue et peu présente dans nos librairies et bibliothèques. Actes Sud a publié un titre en 2007. Il s'agit d'un roman de Kunzang Choden : "Le Cercle du karma". J'ai parlé de ce livre dans ce billet. Ce roman est sorti en poche en janvier dernier (ce n'est pas une parution récente mais il vaut mieux tard que jamais), toujours chez Babel.

Littérature indienne

Je vous invite à découvrir l'excellent roman de Kiran Desai, "La Perte en héritage" (lire mon billet). Il vient de paraître en poche au Livre de poche.

Littérature japonaise

Parmi les nouveautés des éditions Picquier, il y a un roman intitulé "Barococo" de Yû Nagashima. La maison d'édition permet, pour certains titres, de lire un extrait de l'ouvrage. C'est le cas pour ce roman. Pour lire cet extrait, c'est par . Le thème de ce roman ressemblant un peu ( beaucoup ?) au thème d'un autre roman japonais, "La Brocante Nakano" ,  lu il y a quelques mois, il est peu probable que j'acquiers ce nouveau roman (enfin, pas tout de suite).

Littérature iranienne (mais pas seulement)

J'ai lu tous les livres dont il question ci-dessous. En cliquant sur le titre, vous aurez accès au billet correspondant. Tous sont publiés ces jours-ci par Le Livre de Poche.

Comme tous les après-midi / Zoyâ Pirzâd : c'est avec ce recueil de nouvelles que j'ai découvert cette auteur. Et depuis, j'ai lu tous ces livres et le dernier paru (évoqué ici) vient de rejoindre ma PAL.

Passeport à l'iranienne / Nahal Tajadod : une petite chronique de la vie en Iran.

Ce n'est pas un roman mais c'est un livre intéressant pour découvrir la vie des femmes dans la capitale iranienne : Les Pintades à Téhéran de Delphine Minoui. Cette dernière est journaliste et tient un blog, "Chroniques orientales", dont vous trouverez le lien dans la colonne de droite, catégorie "Il se passe des choses en Asie".

Bonne ballade en librairie et bonnes lectures !

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13 avril 2009

A paraître

Dans les prochaines semaines vont être publiés des romans et recueils de nouvelles qui semblent intéressants.

Deux sont des livres d'auteurs déjà connus :

Après la pluie de Shashi Deshpande (Editions Picquier - Fin avril)
Plus d'infos sur le site de l'éditeur : ici. Vous pouvez y lire un extrait du roman.

Le Goût âpre des kakis de Zoyâ Pirzâd (Editions Zulma - 7 mai)
Plus d'infos sur le site de l'éditeur : ici.

Et les éditions Zulma publient aussi un recueil de nouvelles d'une auteur coréenne jusqu'ici inconnue, puisque c'est la première fois que ses écrits sont traduits en français :

Les Boîtes de ma femme de Eun Hee-Kyung (16 avril)
Plus d'infos sur le site de l'éditeur : ici.

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08 octobre 2008

La Muette / Chahdortt Djavann

La_MuetteJ'ai longtemps hésité à lire ce roman. Je le voyais dans les rayons des librairies mais restais hésitante. Et puis, il se trouve que la bibliothèque municipale l'a acquis. Alors, je me suis laissée tenter et je n'ai pas été déçue.

Le roman se présente comme un manuscrit écrit par une jeune Iranienne de 15 ans. Malgré son jeune âge, elle est emprisonnée et attend son exécution. Dans ce manuscrit, la jeune Fatemeh raconte son histoire. Elle très proche de sa tante muette suite à un traumatisme. Cette dernière se sent libre, trop libre aux yeux de certains : elle se présente devant les hommes sans foulard, elle flirte. L'amour va la perdre et elle va entraîner sa jeune nièce dans sa chute.

Un roman court, sans artifice pour dénoncer la condition des femmes et les horreurs d'un régime.

C'est une histoire triste, très triste mais si réelle en même temps. Cela m'a fait penser à l'histoire d'une jeune fille, dont j'ai oublié le prénom, et qui a été pendue avant ses seize ans. Elle avait été condamnée pour relations illégitimes (je ne me souviens plus du terme exact convenant à son soi-disant crime)  alors qu'elle avait été abusée.

Publié par Flammarion (2008)

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08 septembre 2008

Septembre à Shiraz / Dalia Sofer

Septembre___ShirazAprès la communauté arménienne d'Iran évoquée dans le dernier roman de Zoyâ Pirzâd, voici un roman qui met en avant une autre minorité iranienne : la communauté juive. Les Juifs sont environ 20000 à vivre dans ce pays aujourd'hui et ils forment la plus importante communauté juive du Moyen-Orient, en dehors d'Israël. Comme les autres Iraniens, ils ont dû s'adapter au changement de régime survenu en 1979, avec plus ou moins de malheur.

Revenons au roman. Septembre 1981, Téhéran. Isaac Amin, bijoutier et gemmologue, est à son travail lorsque surgissent dans les lieux des Gardiens de la Révolution. Isaac est emmené sans ménagement en détention. Motif : aucun. Alors Isaac peut tout s'imaginer : est-ce parce qu'il est Juif, est-ce parce qu'il est riche ou encore parce qu'il a eu de bonnes relations sous le régime du Shah ? Il ne le sera jamais. En prison, Isaac est confronté à la peur, à la rudesse des conditions de détention, à la torture. Il se torture aussi l'esprit car sa femme et ses enfants n'ont pas été avertis de son arrestation. Mais, en ne le voyant pas revenir le soir, sa femme, Farnaz, s'est doutée de quelque chose. Elle va se battre pour en savoir plus, pour ne pas céder à la peur, notamment lorsque leur maison est perquisitionnée. Elle doit aussi revoir leur relation avec leur domestique dont le fils est devenu Gardien de la Révolution. Leur fille, Shirin, a neuf ans. Elle apparaît discrète mais elle ressent tout, comprend tout. Leur fils, Parviz, fait ses études d'architecture aux Etats-Unis. Il n'a plus d'argent mais peut compter sur la solidarité d'une famille juive new yorkaise.

Ce roman est à la fois universel et particulier. Universel lorsqu'il s'agit de raconter le quotidien dans une dictature et particulier parce qu'il met en scène une minorité iranienne peu connue et pourtant présente sur le territoire persan depuis la nuit des temps. Je me suis posée une question à la lecture du roman et encore plus en lisant la biographie de l'auteur : Dalia Sofer s'est-elle inspirée de son propre vécu ? Shirin, la petite fille du roman a neuf ans en 1981, comme l'auteur, et l'auteur et la personnage de fiction quittent l'Iran la même année, en 1982.

"Septembre à Shiraz" est le premier roman de Dalia Sofer et c'est une réussite.

Un passage marquant
Isaac dialogue avec un gardien de prison, ancien maçon. Isaac lui demande quel métier il préfère et le gardien lui répond alors ceci : "Les temps ont changé, frère. Il y a un temps pour construire et un temps pour détruire afin de reconstruire. Peut-être que je redeviendrai maçon mais, pour l'instant, je dois être gardien : il faut arracher les mauvaises herbes."

Pour info : Dalia Sofer sera présente au Festival America de Vincennes.

Publié par JC Lattès (2008)

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23 août 2008

Un jour avant Pâques / Zoyâ Pirzâd

Zoya_PirzadLe troisième livre (traduit en français) de Zoyâ Pirzâd est sorti cette semaine. Je l’ai lu le jour même de l’achat. C’est pour vous dire à quel point je l'attendais. Mais développons un peu…

Ce court roman (130 p.) se divise en trois chapitres qui correspondent à trois moments de la vie du personnage principal, Edmond. Edmond est un Iranien d’origine arménienne et dès le début du roman, on plonge dans l’ambiance de cette communauté. Edmond vit dans une petite ville sur les bords de la Mer Caspienne, une ville où cohabitent Arméniens et Musulmans. La maison familiale est proche de l’église et de l’école arméniennes. On sent comme une ambiance de village. C’est la vie quotidienne qui est relatée : les cours, le coiffeur, les relations avec les Musulmans… Edmond a pour meilleure amie, Tahereh, la fille du concierge musulman de l’école. C’était le temps de l’enfance. Dans le second chapitre, Edmond est adulte, marié et près d’une jeune fille qui souhaite se marier. Mais voilà, la jeune fille veut épouser un non-Arménien. Que vont penser les gens et surtout la grand-mère ? Enfin, dans un troisième temps, on retrouve un Edmond vieillissant et seul, terriblement seul et enfermé dans sa douleur. Ce qui apparaît dans ce roman est la place des Arméniens en Iran et surtout leurs relations avec la majorité musulmane. Ces relations sont représentées par l'amitié entre Edmond et Tahereh et par l'amour d'Alenouche, la fille d'Edmond, pour Behzad. Mais ces relations harmonieuses ont parfois des conséquences douloureuses, que la douleur et la solitude d'Edmond illustrent dans la dernière partie du roman.

Trois livres publiés en français, trois livres lus ("Comme tous les après-midi", "On s'y fera", "Trois jours avant Pâques"). Cela me permet aujourd’hui de faire une comparaison (mais ce n’est pas non plus une étude littéraire !) entre les trois. Dans le premier, Comme tous les après-midi, étaient racontées des histoires de femmes, des histoires de la vie quotidienne. La place que Zoyâ Pirzâd donne aux femmes dans ses livres est importante. Dans les deux premiers livres, les femmes étaient les personnages principaux. Dans « Un jour avant Pâques », Edmond est le seul personnage masculin d’importance. Dans le cercle gravitant autour de lui, il n’y a que des femmes : sa mère, sa meilleure amie, sa femme, sa fille, sa collègue. Il y a bien des personnages masculins mais ils font partie d'un second cercle plus distant. Dans On s’y fera, l’auteur parlait des coutumes iraniennes en mettant en avant la fête du Nouvel An, Norouz. Ici, la fête mise en avant est Pâques et comme dans le précédent roman, elle décrit tous les coutumes liées à cette fête. Ce dernier roman diffère sur un point : la mise en avant de sa communauté. Comme Edmond, Zoyâ Pirzâd appartient à la communauté arménienne. C’est un élément qui, à mon souvenir, n’apparaissait pas dans ses deux premiers livres.

Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à découvrir le recueil de nouvelles et les deux romans de Zoyâ Pirzâd. "Un jour avant Pâques" est mon préféré. Ce fut un bon moment de lecture.

Pour compléter mon billet : les avis de Clarabel et Shyankar.

Publié par Zulma (2008)

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04 juin 2008

On s'y fera / Zoyâ Pirzâd

On_s_y_feraArezou est une femme active, voire très active, divorcée et mère d'une jeune fille, Ayeh. Elle dirige d'une main de fer l'agence immobilière héritée de son père. Sa fille, Ayeh et sa mère, Mah-Monir, lui mènent un peu la vie dure. Mais cela ne l'empêche nullement de vivre sa vie. Dans le cadre de son travail, elle rencontre Zardjou. Débute alors une histoire d'amour...
C'est une histoire somme toute banale mais elle donne une autre image du pays dans lequel elle se déroule, l'Iran. Arezou est une femme active et en même temps soumise aux traditions. Cependant, elle ne vit pas une situation aussi pesante que d'autres femmes dans d'autres romans ou récits. Arezou appartient à la classe aisée, elle peut donc avoir une vie active, sociale mais elle doit respecter les normes en ce qui concerne la vie privée, un éventuel mariage. Donc, un roman qui évoque peu la condition des Iraniennes telle qu'on nous la décrit habituellement.  L'auteur évoque une autre facette de  son pays à travers les coutumes, notamment de Norouz (le Nouvel An perse), la cuisine... Le style de l'auteur est assez particulier dans la mesure où une grande partie du roman est constituée de dialogues. On y accroche ou pas.
J'ai bien aimé l'histoire et le personnage d'Arezou, qui veut être une bonne mère, une bonne fille tout en souhaitant mener sa vie de femme, ce qui suscite chez elle doutes et interrogations. Une histoire universelle.

Publié par Zulma (2007)

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