23 novembre 2009
Mes voisins les Yamada / Hisaichi Ishii
Dans la famille Yamada, il y a le père, Takashi, un chef de famille sans autorité, la mère, Matsuko, obsédée par la nourriture, le fils, le cancre Noboru, la petite Nonoko, la grand-mère, Shige, une langue de vipère et aussi un chien, Pochi.
Les Yamada forment une famille japonaise typique qui a quand même une caractéristique particulière : elle est un peu loufoque. Ces historiettes, des yonkama (histoires en quatre cases), racontent le quotidien de cette famille. Tous les sujets sont abordés : les rôles de la mère au foyer, la scolarité, les relations intergénérationnelles. Ces histoires permettent de découvrir un peu les particularités japonaises.
Ces histoires sont d'abord parues dans la presse sous formes de feuilleton entre 1991 et 1993 pour celles du volume 1 et entre 1993 et 1995 pour celles du volume 2. Elles ont donc pour toile de fond la situation du pays à l'époque : la vie politique, l'éclatement de la bulle immobilière, la secte Aum, l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo.
Les dessins sont simples, minimalistes mais cela n'enlève rien au caractère, au piquant des histoires. C'est un bon manga. J'ai vraiment beaucoup aimé. La série comporte trois volumes (je n'ai pas lu le dernier volume).
Au Japon, "Mes voisins les Yamada" a d'abord été publié avant de devenir un film d'animation réalisé par Isao Takahata. En France, c'est le contraire.
Publié par Delcourt (2009)
20 novembre 2009
Allons au musée...
C'est un musée consacré à l'Asie, un musée que j'apprécie beaucoup. J'aime beaucoup me promener parmi ses collections, en particulier indienne, khmère et japonaise.
Aujourd'hui, le musée Guimet fête ses 120 ans. Et pour fêter cet anniversaire, l'accès aux collections permanentes est gratuit pendant tout le week-end. Profitez-en !
Je profite de l'occasion pour vous présenter un livre lu il y a quelques années : "Quand le Japon s'ouvrit au monde : Emile Guimet et les arts d'Asie" (Gallimard, coll. Découvertes, 2001).
Ce livre parle du Japon, de ses premiers contacts avec l'Occident qui ont conduit à la fermeture du pays au 17ème siècle et puis de sa réouverture au monde en 1853. Parmi les Occidentaux qui viendront au Japon, deux Français : Emile Guimet et l'artiste, Félix Régamey. Les deux hommes débarquent à Yokohama en août 1876. Emile Guimet, industriel lyonnais, a été chargé par le ministre de l'instruction publique d'une mission d'enquête sur les religions orientales. Avec son acolyte, il va parcourir le Japon pendant plusieurs semaines, visitant villes, temples, théâtres. Puis, les deux hommes prennent la direction de la Chine et de l'Inde avant de rentrer en France en 1877.
C'est au Japon qu'Emile Guimet a eu l'idée de son musée. En fait, les deux Français veulent faire connaître l'Asie qu'ils ont découverte. Emile Guimet est rentré avec des caisses d'objets venant des trois pays visités. Il les présente pour la première fois en 1878. Le futur musée est en marche. Il est finalement inauguré le 20 novembre 1889 par le président de la République Sadi Carnot et ouvert au public le lendemain.
09 novembre 2009
La Femme qui court dans la montagne / Yûko Tsushima
Dans le Japon d'il y a trente ans, le parcours difficile d'une jeune mère célibataire.
Takiko, enceinte suite à une relation sans lendemain, incarne désormais le déshonneur pour ses parents. Elle vit sa grossesse en solitaire entre une mère qui souhaite qu'elle avorte et un père distant, buveur et violent. Après la naissance de son petit garçon, Akira, la jeune mère est reléguée dans un coin de la maison. Elle apparaît comme une femme forte. Tout au long des moments difficiles, elle trouve cette force en pensant à la région natale de sa mère, une région montagneuse dont les souvenirs lui apportent une paix intérieure.
Et justement, Takiko fait tomber les montagnes. Elle se débrouille seule, trouve un travail puis en change, met son fils à la crèche, ne fait pas cas du regard des autres.
C'est un bon roman qui nous montre un Japon, d'une époque passée, méconnu.
Pour beaucoup de ses romans, Yûko Tsushima (née en 1947) s'est inspirée de sa propre vie. Etre mère célibataire, elle l'a vécue. Et cette expérience a inspiré ce roman mais aussi "L'Enfant de fortune" (Editions des femmes, 1985). Un autre thème qui revient dans plusieurs romans est celui du deuil, le deuil d'un enfant, une épreuve que l'auteur a malheureusement due affronter. En 1985, elle a perdu son fils âgé de huit ans. Un an après, est paru "Poursuivie par la lumière de la nuit" (paru en France en 1997 aux Editions des femmes). Ce roman a une suite : "Vous, rêves nombreux, toi, la lumière !" (Picquier, 1997).
Ces ouvrages datent un peu mais si vous les trouvez, ne passez pas à côté de leur lecture. Deux de ses romans sont parus plus récemment en France (2007 & 2009) mais je ne les ai pas lus.
A noter : Yûko Tsushima est la fille du célèbre écrivain Osamu Dazai.
Publié par Albin Michel (1995) / Traduit par Liana Rosi
02 novembre 2009
Le Japon en photos
Le nouveau numéro du magazine Géo consacre un dossier au Pays du Soleil levant, plus précisément à ses îles les moins connus. Ce numéro invite le lecteur à un voyage à Hokkaidô, pays des ours bruns et du peuple ainu, sur les îles Amami qui font partie de l'archipel des Ryû-Kyû à la culture si particulière. Les îles japonaises ont parfois servi d'usine et sont aussi convoitées par les pays voisins même s'il s'agit d'îlots inhabitables.
Pour vous donner l'eau à la bouche, voici quelques photos disponibles sur le site de Géo.
Pour compléter le voyage, la Maison de la culture du Japon à Paris organise en ce moment une exposition intitulée "Voyages - Regards de photographes japonais sur le monde". Les photos sont très belles. J'ai particulièrement aimé les photos en noir et blanc prises à Hokkaidô. Elles montrent un Japon totalement méconnu. Certaines photos font penser au Grand Nord. Sont aussi présentées des vues différentes du Mont Fuji, un volcan qui paraît beaucoup moins immaculé vu de près.
L'exposition se termine le 23 janvier 2010.
04 octobre 2009
Manazuru / Kawakami Hiromi
"Manazuru" est l'histoire d'une femme hantée par son passé. Son mari a disparu un jour et douze ans après, elle ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de lui. Douze ans après, elle vit à Tokyo avec sa mère vieillissante et sa fille qui est en train de devenir une femme. Kei, c'est le prénom de cette femme, vit une relation passionnée et en même temps compliquée avec un homme marié.
Le coup de fil de son beau-père l'informant qu'il a inscrit le nom de son fils sur la tablette funéraire de la famille la pousse vers le passé. Douze ans après la disparition de son mari, elle part à la recherche d'informations. Elle n'a que deux indices : le nom d'une station balnéaire, Manazuru et un chiffre, 21:00. Kei va se rendre à plusieurs reprises dans cette petite ville. Et ces voyages la replongent dans son passé : sa vie avec Rei, son mari, la naissance de leur fille, Momo. Elle se questionne aussi sur sa relation actuelle avec Seiji, l'homme marié.
Chacun de ses voyages, dont un avec sa fille, baigne dans une atmosphère étrange, presqu'irréelle avec la présence d'une femme fantôme, du moins c'est comme cela que je l'ai percue. Un fantôme qui représente un peu son inconscient.
Au fil du roman, on s'aperçoit que cette femme est à une période charnière de sa vie. Elle doit faire le deuil de son passé.
Concernant le style, il est à la fois sobre, beau et doux. C'est le même ton calme que ses romans précédents ( "La Brocante Nakano" , "Les Années douces" , "Cette Lumière qui vient de la mer"). Si vous ne connaissez pas cette auteur, je vous invite à le faire car je trouve que ses romans sont de beaux romans.
Ce roman a été classé par l'éditeur dans sa bibliothèque idéale.
Publié par Picquier (2009) / Traduit par Elisabeth Suetsugu
19 août 2009
La Harpe de Birmanie / Michio Takeyama
Birmanie, été 1945. La guerre est sur le point de se terminer. Les soldats japonais, occupants en déroute de la colonie britannique, sont traqués par l'armée britannique. Certains de ses soldats font partie d'une compagnie où le chant tient une place prépondérante, c'est "la compagnie qui chante". Ces soldats traqués sont finalement faits prisonnier. Mais un soldat manque à l'appel. Il s'agit du caporal Mizushima, le harpiste de la compagnie, parti aider les soldats d'une autre compagnie en déroute dans la jungle. Sa disparition est un mystère.
Mizushima, bouleversé parce qu'il a découvert dans la jungle, s'est en fait attribué une mission : celle de rassembler les restes des soldats japonais tombés au combat et de leur rendre hommage. Cette mission représente désormais toute sa vie et pour cela, il renonce à rentrer au Japon.
"La Harpe de Birmanie" est un beau roman empli d'humanité alors que l'histoire se déroule à la fin d'une période pendant laquelle les hommes ont montré toute l'étendue de cruauté dont ils étaient capables. Ce roman figurait sur ma LAL depuis de nombreux mois et je n'ai pas été déçue par cette lecture.
Ce roman, inspiré de faits réels, a été publié en 1947 et a aussi été adapté au cinéma par Kon Ichikawa en 1956.
Publié par Le Serpent à plumes (2006)
21 juin 2009
Japon
Utsukushii, voilà le mot japonais qui sied à ce livre. Cela signifie "magnifique".
Entre ville et campagne, entre tradition et modernité, au milieu de la nature, des temples, dans le quotidien japonais, en cuisine... C'est dans tous ces endroits que nous amènent les photos de David Michaud. Vues d'ensemble, petits détails, rien n'échappe à son oeil. Les photos sont accompagnées de textes écrits par David Michaud mais aussi de proverbes japonais et d'extraits de romans et de livres sur le Japon.
J'ai découvert le travail de David Michaud à travers son blog, lejapon.fr, que je suis régulièrement depuis quelques mois. Les photos étant magnifiques, cela m'a donné envie de me procurer ce livre et bien m'en a pris.
Ce livre est un très beau voyage au Pays du Soleil Levant et je ne peux que vous invitez à visiter son blog et à vous procurer son livre.
Publié par Chêne (2009)
"On commence à vieillir quand on finit d'apprendre" (Proverbe japonais)
15 juin 2009
Que c'est chouette d'avoir une telle grand-mère !
Voilà ce que pourrait dire Akihiro, le jeune héros du manga Une sacrée mamie dont le premier volume vient de paraître.
Fin des années 50, Akihiro vit à Hiroshima avec sa mère et son frère aîné. Mais à l'époque, il est difficile pour une femme d'élever seule deux enfants dont le second est très turbulent. Elle décide de le confier à sa propre mère qui vit à plus de 300 km. La séparation est brutale, le jeune Akihiro n'ayant pas été mis au courant.
Le premier jour, Akihiro tente de s'enfuir. Il ne la connaît pas cette mamie. Et puis assez vite, il la qualifie de gabai (géniale). Et c'est vrai que cette grand-mère est géniale et surtout ingénieuse. Pauvre mais ne manquant de rien grâce à toutes ses astuces (comment récupérer de la nourriture, comment ne pas payer les factures...).
La lecture de ce manga a été un bon moment. Les personnages sont très attachants. On découvre la vie dans la campagne japonaise des années 50.
Ce manga est un bel hommage d'un petit garçon devenu grand à sa mamie car cette histoire est autobiographique, c'est celle de l'auteur Yoshichi Shimada.
A noter : le second volume devrait paraître cet été.
Publié par Delcourt (2009)
14 juin 2009
Lumière pâle sur les collines / Kazuo Ishiguro
En Angleterre, une Japonaise pleure sa fille Keiko qui s'est suicidée. Elle passe quelques jours en compagnie de sa seconde fille, Niki. Elle se remémore un passé lointain : elle vivait alors au Japon avec son premier mari et elle était enceinte de Keiko. C'était à Nagasaki quelques années après la fin de la guerre et la ville se reconstruisait peu à peu. Sur le terrain vague en bas de son immeuble, une maisonnette. C'est là que vivaient Sachiko et sa fille Mariko. Cet été-là, une amitié va se nouer entre Etsuko et Sachiko.
Je suis partagée sur cette lecture. Je n'ai pas été déçue mais je suis restée sur ma faim. Le livre est bien écrit, j'ai été prise dans l'histoire mais je trouve que cette histoire s'arrête trop brusquement. J'aurais aimé en savoir plus sur les personnages. La quatrième de couverture parle du roman en ces termes : "écrit dans un style dépouillé (...), tout en demi-teintes et en non-dits (...)". Pour moi, il aurait fallu une histoire un peu plus développée.
Kazuo Ishiguro est un auteur britannique d'origine japonaise relativement bien connu ("Les Vestiges du jour", "Quand nous étions orphelins"...). "Lumière pâle sur les collines" est le premier de ses romans.
Publié par Folio (2009)
13 juin 2009
Un zoo en hiver / Jirô Taniguchi
C'est toujours avec un immense plaisir que je retrouve l'univers de Jirô Taniguchi. Son dernier manga vient de paraître (le 10 juin). L'auteur nous offre cette fois un manga d'apprentissage.
Le jeune Hamaguchi Mitsuo est doué pour le dessin. Embauché chez un fabricant de textile de Kyôto, il pensait pouvoir dessiner des modèles. La réalité est différente. Mais le jeune homme n'oublie pas son rêve d'être mangaka. Une opportunité lui est, un jour, offerte de travailler à Tôkyô en tant qu'assistant d'un mangaka. Il découvre le métier, un métier exigeant mais aussi la rivalité entre assistants qui ont tous le même rêve...
Je crois qu'il n'y a plus besoin de présenter Jirô Taniguchi tant ses oeuvres sont largement publiées en France. Ce manga n'est pas différent des précédents : toujours le même coup de crayon et une histoire intéressante.
Publié par Casterman (2009)








