Mille et Un Livres

Un voyage en Asie grâce aux livres ou comment voyager sans bouger de son fauteuil !

22 octobre 2009

Si on allait à Beyrouth...

... à la rencontre des femmes de cette ville. C'est ce que l'on peut faire en lisant le dernier opus de la série des Pintades.

Vous ne connaissez pas les Pintades ? Ce sont des femmes, jeunes et moins jeunes, fans de mode ou hyperactives, de classe moyenne ou aisée, qui vivent dans de grandes villes du monde. Le premier livre rendait visite à celles de New York. Puis ce fut au tour des Londoniennes, des Téhéranaises et des Parisiennes de se dévoiler.

Dans Une vie de pintade à Beyrouth, c'est une journaliste française beyrouthine d'adoption, Muriel Rozelier, qui nous présente les femmes de sa ville.

Que dire sur le contenu du livre ? Je partais avec une certaine image en tête de ce que peut être une femme au Liban. Une femme qui fait attention à son apparence, plutôt volubile. Et c'est sur cette première image que commence la découverte de la condition féminine dans la capitale libanaise. L'apparence y est très importante.

Mais ce livre n'est pas fait que de sujets superficiels. Les questions du mariage et du divorce, de la maternité ont une grande place dans ce livre. Des tabous sont aussi levés. 

Ce livre est une galerie de portraits qui donnent une image très diversifiée de la condition de la femme, des portraits de femmes battantes, courageuses mais aussi traditionnelles, superficielles. Même si le communautarisme est très présent, j'ai vu peu de différences entre les femmes, peut-être parce que ces femmes appartiennent aux classes moyennes et aisées. 

Ce livre est aussi un guide. Il fourmille d'adresses (restaurants, boutiques, boîtes, plages...) si jamais vous êtes tentée par une virée au pays des cèdres.

Publié par Calmann-Lévy (2009)

Une_vie_de_pintade___Beyrouth

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16 mai 2009

Poste restante Beyrouth / Hanan El Cheikh

Poste_restante_BeyrouthVoici un roman épistolaire dégageant une émotion mais dont il est difficile de restituer l'histoire. Le personnage principal est une femme, Asmahane. Elle est l'auteur des dix lettres adressées aussi bien à des personnes qu'à son pays, sa ville. Il est difficile de définir l'âge et la situation exacte d'Asmahane tant les lettres emmêlent les fils des récits. En effet, ces lettres ne s'adressent pas seulement à leur destinataire mais sont surtout un moyen de raconter une histoire ou plutôt des histoires.

Ces lettres sont un moyen de raconter des histoires personnelles différentes, celles d'Asmahane, de sa famille, de ses amis, des vies intimement liées à d'autres Histoires, celle d'un pays, le Liban et celle d'une région. Le lecteur découvre l'enfance d'Asmahane, le village de la plaine de Bekaa, la grand-mère à la forte personnalité... mais aussi les familles palestiniennes réfugiées, le choix des uns et des autres lors de la Guerre du Liban. Certains sont restés et ont choisi un camp, d'autres sont partis vers un ailleurs qui s'est révélé moins rose que prévu. Et puis d'autres encore ne savent pas quoi faire, où aller et c'est le cas d'Asmahane.

Comment je l'écrivais au début de mon billet, ce roman dégage une émotion mais de façon inégale tout au long du roman. Les lettres à l'amie, Hayat, à sa ville, Beyrouth, sont celles qui comportent les passages les plus émouvants. Cela ne veut pas dire que le reste du roman n'est pas bien mais seulement que le style est plus celui du récit.

Publié par Babel (2009) 

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08 mai 2009

A découvrir dans les rayons des bonnes librairies

Les PAL (piles à lire pour les non-initiés) ne sont jamais assez fournies. Ce billet a donc pour mission de donner quelques idées d'acquisition. Les livres présentés sont parus tout récemment en poche, à l'exception du roman japonais.

Littérature libanaise

J'ai découvert l'oeuvre de Hanan El-Cheikh au tout début des années 2000. J'ai lu tout ce qui était disponible en librairie. Il manquait juste un titre, un roman paru en 1995 et introuvable. Ce roman, "Poste restante Beyrouth" vient de paraître en poche chez Babel. Une fois cette découverte effectuée, il a fallu peu de temps pour ce que ce roman rejoigne ma PAL.

Littérature bhoutanaise

C'est une littérature peu connue et peu présente dans nos librairies et bibliothèques. Actes Sud a publié un titre en 2007. Il s'agit d'un roman de Kunzang Choden : "Le Cercle du karma". J'ai parlé de ce livre dans ce billet. Ce roman est sorti en poche en janvier dernier (ce n'est pas une parution récente mais il vaut mieux tard que jamais), toujours chez Babel.

Littérature indienne

Je vous invite à découvrir l'excellent roman de Kiran Desai, "La Perte en héritage" (lire mon billet). Il vient de paraître en poche au Livre de poche.

Littérature japonaise

Parmi les nouveautés des éditions Picquier, il y a un roman intitulé "Barococo" de Yû Nagashima. La maison d'édition permet, pour certains titres, de lire un extrait de l'ouvrage. C'est le cas pour ce roman. Pour lire cet extrait, c'est par . Le thème de ce roman ressemblant un peu ( beaucoup ?) au thème d'un autre roman japonais, "La Brocante Nakano" ,  lu il y a quelques mois, il est peu probable que j'acquiers ce nouveau roman (enfin, pas tout de suite).

Littérature iranienne (mais pas seulement)

J'ai lu tous les livres dont il question ci-dessous. En cliquant sur le titre, vous aurez accès au billet correspondant. Tous sont publiés ces jours-ci par Le Livre de Poche.

Comme tous les après-midi / Zoyâ Pirzâd : c'est avec ce recueil de nouvelles que j'ai découvert cette auteur. Et depuis, j'ai lu tous ces livres et le dernier paru (évoqué ici) vient de rejoindre ma PAL.

Passeport à l'iranienne / Nahal Tajadod : une petite chronique de la vie en Iran.

Ce n'est pas un roman mais c'est un livre intéressant pour découvrir la vie des femmes dans la capitale iranienne : Les Pintades à Téhéran de Delphine Minoui. Cette dernière est journaliste et tient un blog, "Chroniques orientales", dont vous trouverez le lien dans la colonne de droite, catégorie "Il se passe des choses en Asie".

Bonne ballade en librairie et bonnes lectures !

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08 février 2009

Je me souviens, Beyrouth / Zeina Abirached

Je_me_souviens

J'ai découvert les bandes dessinées de la libanaise Zeina Abirached avec "Le Jeu des hirondelles". Elle vient de publier une nouvelle bande dessinée que j'ai découverte lors d'une séance de dédicace dans une librairie parisienne. Je suis donc sortie de la librairie avec un nouveau livre, dédicacé.

Dans cette nouvelle oeuvre, on retrouve le Liban en guerre des années 80. Zeina raconte ses souvenirs : les coupures d'électricité et de gaz, le père qui écoute de la musique à fond pour ne pas entendre les bruits de la guerre, la voiture familiale criblée de balles, la drôle de collection de son frère...

On retrouve dans "Je me souviens" le même graphisme et le même ton que dans "Le Jeu des hirondelles".

Mon billet est très court (heureusement, l'intérêt d'un livre n'est pas proportionnel aux nombres de lignes du billet). Il ne vous reste plus qu'à découvrir cette excellente bande dessinée.

Publié par Cambourakis (2008)

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12 octobre 2008

De Niro's Game / Rawi Hage

Rawi_HageCe roman ayant été lu par nombre de blogueurs, je vais juste rappeler rapidement l'histoire au cas où un visiteur n'en aurait jamais entendu parler.

Cela se passe pendant la Guerre du Liban. Le narrateur, Bassam, est un jeune homme de la communauté arménienne. Il a pour ami, Georges, qui travaille au port et va s'engager dans la milice chrétienne. Bombardements, milice, trafic en tout genre... voilà le quotidien de ces deux amis d'enfance.

Ce roman a été accueilli positivement par la majorité des blogueurs. J'ai lu ici et là les commentaires suivants : "époustouflant", "style inspiré et puissant", "roman puissant et bien écrit". Alors, c'est bien écrit, l'atmosphère de guerre est bien palpable. Mais, car il y a un mais, je n'ai absolument pas ressenti ce roman comme étant puissant ou bouleversant. Cela tient sans doute au fait que je l'ai lu après un roman que j'ai véritablement trouvé puissant et bouleversant ("Et les morts nous abandonnent" de Raj Kamal Jha). Et cette lecture précédente a fortement influencé ma façon de percevoir le roman de Rawi Hage. Je n'aurais pas dû enchaîner ces deux lectures mais j'attendais depuis si longtemps ce roman (merci à L... d'avoir perdu le premier colis).

Donc, je n'ai pas détesté ce roman. Je l'ai lu avec plaisir mais je n'en retiens rien de plus que c'est un roman qui se déroule pendant la Guerre du Liban (finalement, je suis peut-être passée à côté de ce roman, c'est ce que je me dits en relisant les billets d'autres blogueurs).

D'autres avis : Kathel (Lettres exprès , vous trouverez dans son billet des liens vers d'autres avis), Mimienco (La boîte à lectures !), Lael (Sous le Feuillage), Katell (Chatperlipopette)

Merci à Chez les filles et aux éditions Denoël pour l'envoi de ce roman.

Publié par Denoël (2008)

Posté par Naina94 à 10:26 - Liban - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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24 juillet 2008

Une mémoire pour l'oubli / Mahmoud Darwich

Une_m_moire_pour_l_oubliIl y a quelques temps, je suis allée voir le film israëlien Valse avec Bachir. Cet excellent film m'a donnée envie d'en savoir plus sur les évènements survenus au Liban au début des années 80. Je me suis alors souvenue d'un livre publié l'an dernier par Babel : un récit du poète palestinien Mahmoud Darwich.

Ce récit a pour sous-titre "Le temps : Beyrouth ; le lieu : un jour d'août 1982" (l'inversion est étrange mais j'ignore si c'est une erreur ou non). A cette époque, les troupes israëliennes sont aux portes de la capitale libanaise. Au début du récit, le poète ne nomme aucun des protagonistes. Tout n'est que métaphore (un exemple : l'expression "les aboiements métalliques de la mer"). Au fil du récit et donc de la journée, on suit la journée du poète mais aussi ses interrogations sur les évènements. Le tout est entrecoupé de textes plus anciens commes des récits sur les croisades.

Un beau texte qui montre toute la folie de la guerre et l'angoisse qui l'accompagne.

Publié par Babel (2007)

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31 janvier 2008

Maryam ou le passé décomposé / Alawiya Sobh

MaryamCe roman, à la construction originale, donne la parole à des Libanaises chiites. La romancière Alawiya avait recueilli plusieurs témoignages de femmes pour en faire un roman. Mais elle a disparu dans la nature. Maryam, l'une des femmes interviewées, décide de prendre la parole et de raconter son histoire. Elle racontera aussi l'histoire de sa mère, Fatmé, de ses amies, Ibtissam et Yasmine. Le lecteur prend alors connaissance de la dure vie de ces femmes : mariage précoce, nombreuses grossesses (Fatmé a été mariée à 10 ans et a supporté 18 grossesses), le manque de liberté et aussi la tentative d'échapper à un destin tracé d'avance (Ibtissam fréquentera un chrétien)...
Je trouve que la construction du roman donne du poids à ces histoires de vie. L'auteur Alawiya a en quelque sorte passé la parole à celles qui n'ont jamais l'occasion de s'exprimer. A un moment du roman, Alawiya réapparait et déclare ne plus savoir qui a raconté quoi. C'est une façon de faire comprendre que ces histoires sont universelles : les vies de Maryam, Ibtissam, Fatmé... ressemblent à la vie vécue par des milliers de Libanaises ces cinquante dernières années. Concernant l'écriture, c'est bien écrit (bravo aux traducteurs, qui ne sont jamais évoqués dans les commentaires) et bien rythmé. Il n'y a pas de pause, le récit happe le lecteur.

Publié par Gallimard (2007)

Alawiya Sobh a fait partie des écrivains libanais invités dans le cadre des "Belles Etrangères". Sa bibliographie est disponible sur le site de l'évènement : ici.

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21 janvier 2008

Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter / Darina Al-Joundi

Le_Jour_o_Darina Al-Joundi est née en 1968 au Liban d'une mère libanaise chiite, travaillant à la radio et d'un père syrien laïc, réfugié politique et journaliste. Son père est un partisan du "Il est interdit d'interdire". Darina et ses soeurs vivent sans être soumises à aucune autorité, leur père veut faire d'elles des femmes libres. Ce père laïc refuse aussi de classer les gens selon leur religion. Jusqu'à l'éclatement de la guerre, Darina, élève d'une école chrétienne, ne saura pas qu'elle est musulmane.
La guerre éclate en 1975. Mais la vie continue sous le bruit des bombes. A huit ans, Darina commence sa carrière de comédienne à la télévision libanaise. A part de courts exils à Bagdad et à Chypre, la famille reste à Beyrouth. En grandissant, Darina va expérimenter toutes les libertés : liberté sexuelle, tabac (dès l'âge de treize ans), drogue dure (dès l'âge de seize ans). Elle se marie trois fois et fait l'expérience de la violence conjugale.
Dans ce récit mis en forme par Mohamed Kacimi, on suit la descente aux enfers d'une jeune femme.  Son récit se déroule lors d'une des pires périodes de l'histoire récente du Liban mais sa guerre à elle était intérieure.

Publié par Actes Sud (2008)

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18 décembre 2007

Le roman de Beyrouth / Alexandre Najjar

Le_roman_de_BeyrouthAu soir de sa vie, un homme, Philippe, décide de raconter son histoire.  Son grand-père, Roukos, a été, au 19ème siècle, un des acteurs de la révolte paysanne. Son père, Elias, était un médecin au grand-coeur. Philippe est, lui, devenu journaliste et a vécu en direct tous les évènements importants de l'histoire de Beyrouth et du Liban. Il a aussi été le témoin de la fragilité de son pays : la difficulté de conclure une union mixte, la Guerre du Liban...
Bien plus que l'histoire d'un homme, ce roman met en scène la "grande histoire" mouvementée d'un petit pays (par la superficie !). C'est un roman bien documenté pour les néophytes de l'histoire de ce pays. Une riche bibliographie est proposée à la fin de l'ouvrage.
C'est un bon roman qui m'a un peu rappelée  "La Mémoire des cèdres" de Jacqueline Massabki et François Porel.

Publié par Pocket (2006)

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16 décembre 2007

Le Jeu des hirondelles : mourir partir revenir / Zeina Abirached

Le_Jeu_des_hirondellesL'histoire se passe à Beyrouth-est en 1984. Elle raconte une nuit de la vie des habitants d'un immeuble situé sur la ligne de démarcation. Dès les premières pages, l'ambiance de la guerre est là : murs de sacs de sable ou de parpaings, barils... barrent les rues, les fenêtres... Sami et Nour sont coincés chez la mère de Nour, à quelques rues de chez eux, autant dire le bout du monde en ces temps de guerre. Pendant ce temps-là, leurs deux enfants sont restés seuls à la maison mais peu à peu leur appartement va se remplir des voisins. Ou plutôt tout le voisinage va se serrer dans l'entrée de cet appartement, endroit le plus sûr pendant les bombardements. Et toutes les histoires de ces personnes sont racontées dans cet espace confiné.
J'ai adoré cette BD dont le ton et le graphisme rappelent les ouvrages de Marjane Satrapi.

Présentation de l'auteur sur le site "Les Belles étrangères".

Publié par Cambourakis (2007)

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