05 décembre 2009
Un peu de légèreté
Avec de la chick lit mais pas n'importe laquelle, de la chick lit indienne (restons dans la thématique de ce blog). Mon premier roman indien du genre "chick lit" a été Mariage à l'indienne de Kavita Daswani. J'ai retrouvé le même plaisir de lecture avec Love masala d'Advaita Kala.
L'intrigue est simple. Elle met en scène une jeune femme de vingt-neuf ans prénommée Aisha. Aisha est célibataire (of course), travaille dans un hôtel et avantage suprème, vit loin de ses parents et surtout de sa maman. Aisha a bien évidemment des amies : Misha et Anushka.
Aisha cherche l'amour sans vraiment le chercher (mais sa mère cherche bien un mari pour elle !) et va, bien sûr, le rencontrer mais comme dans chaque roman du genre, il y a aura bien des péripéties, malentendus et autres coups du sort avant d'arriver au happy end. Misha est, elle-aussi, célibataire mais a moins de chance que son amie dans le domaine de l'amour. Et puis, il y a Anushka, nouvelle divorcée. Sans oublier un couple d'amis gay.
Nous sommes bien en Inde. Plusieurs éléments le rappellent, notamment la présence d'une voisine inquisitrice.
C'est drôle, plutôt bien écrit.
Le titre "Love masala" fait penser à un titre de film de Bollywood. Et justement, l'auteur, Avaita Kala, a écrit un scénario pour un film (voir l'article de Thaindia News du 20 mars 2009). Elle habite New Delhi et travaille pour "Time magazine". "Love masala" est son premier roman.
Publié par Marabout (2009) / Traduit par Caroline Chalma-Balminadour
Marabout a une collection intitulée "Girls in the city" qui publie de la chick lit. Le rythme de parution est d'un livre par mois. Et au vu du catalogue, les auteures sont anglo-saxonnes. "Love masala" est une exception.
28 novembre 2009
Attentat à la mangue / Mohammed Hanif
Le Pakistan des années 80, c'était l'époque du général Zia arrivé au pouvoir en 1977 par un coup d'Etat. Cet homme disparaît en août 1988 dans un accident d'avion dont les causes sont aujourd'hui encore mystérieuses. Toutes les théories ont circulé et circulent encore. Défaillance mécanique ou intervention étrangère (américaine ou soviétique) ? Que s'est-il passé ce 17 août à Bahawalpur ?
Mohammed Hanif a décidé de développer une fiction autour de cet accident. L'histoire qu'il raconte est sortie de son imagination mais les personnages du roman, du moins les plus hauts placés, ont réellement existé.
En août 1988, un officier de l'armée est le seul survivant d'un accident d'avion qui a coûté la vie à un chef d'Etat et un ambassadeur américain. Trois mois plus tôt, ce jeune homme avait été interrogé et emprisonné suite à la disparition de son compagnon de chambrée. Ali Shrigi, le jeune officier, est le fils d'un militaire qui s'est suicidé ou qui a été suicidé. Sa mort reste un mystère et son fils souhaiterait en savoir plus. Mais dans l'armée et à cette époque, il est de bon ton de ne pas rechercher la vérité.
C'est un roman qui se passe dans le milieu militaire, dans une dictature, dans une région du monde qui, à l'époque, est au coeur de la guerre froide (le pays sert de base arrière aux Occidentaux, en premier, les Etats-Unis, pour combattre les Soviétiques qui occupent l'Afghanistan). Mais le roman ne se limite pas à cela. Et j'ai trouvé que les histoires secondaires de ce roman sont tout aussi importantes parce qu'elles reflètent ce qu'a été et ce qu'a fait le général Zia. On découvre un dictateur qui lit beaucoup le Coran : cela est à mettre en corrélation avec l'islamisation du pays qu'il a menée. L'histoire de Zaynab, une aveugle violée et finalement accusée d'adultère, rappelle que le code pénal a été profondément modifié sous cette dictature avec un durcissement des peines. L'emprisonnement d'Ali Shigri rappelle la dictature et l'injustice.
C'est un bon roman, bien ficelé, intéressant. C'est un roman "masculin" (théorie de complot, armée) mais je pense qu'il peut plaire à une personne qui s'intéresserait à l'Histoire avec un grand "H". Il faut aussi noter que les personnages féminins secondaires sont des personnages intéressants (ah, la personnalité de la Première Dame).
L'auteur connaît bien l'armée pakistanaise puisqu'il a lui même servi en tant que pilote avant d'embrasser une carrière de journaliste à la BBC (section Ourdou) à Londres. Il vit aujourd'hui à Karachi au Pakistan (à lire : cet article du Guardian dans lequel il relate le retour sur sa terre natale).
"Attentat à la mangue" a été distingué par le Prix Commonwealth 2009 du meilleur premier roman. Pour info, ce prix est décerné à des écrivains anglophones des pays du Commonweath (il y a des prix par zones géographiques et deux prix généraux).
"Attentat à la mangue" est le second roman pakistanais de la rentrée littéraire. C'est une littérature qui mériterait d'être mieux connue, autant que peut l'être celle du grand pays voisin, l'Inde. Pour avoir quelques idées de lecture, vous pouvez consulter ma rubrique "Pakistan".
Publié par les Editions des 2 terres (2009) / Traduit par Bernard Turle
31 octobre 2009
Le Trône du paon / Sujit Saraf
Tout commence un jour de 1984, le 31 octobre. Ce jour-là, Indira Gandhi, Premier ministre, est assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs.
La nouvelle atteint Chandni Chowk, quartier commerçant et populaire de New Delhi. Dans ces ruelles, dans ces boutiques, vivent et s'activent des commerçants. Marchands de tissus, de parfums, vendeur de thé, prostituée, travailleuse sociale, enfants des rues... sont le coeur de ce quartier qui est aussi un terrain de jeu politique. C'est ce qu'on découvre au fil de ce roman, huit cent pages qui nous amènent de 1984 à 1998 en cinq étapes.
Chacune de ces étapes correspond à une période particulière de l'histoire contemporaine et politique de l'Inde : émeutes inter-communautaires, montée en puissance du parti nationaliste (dont le vrai nom n'a pas été utilisé mais qui est reconnaissable).
A travers la vie de ce quartier et de ceux qui le font se dessine l'image d'un pays où les communautés s'affrontent à tour de rôle, où la politique est affaire de corruption, de manipulation. Ce roman donne une grande place à la politique. Le titre est d'ailleurs une référence à la thématique puisque le trône du paon était à l'origine un trône moghol créé au 17ème siècle pour l'empereur Shah Jahan. De nombreux parallèles sont faits entre l'histoire de l'Inde contemporaine et la période moghole, surtout les règnes de Shah Jahan (1628-1658) et de son cruel fils Aurangzeb (1658-1707).
"Le Trône du paon" est le premier roman de Sujit Saraf, Indien installé aux Etats-Unis où il mène parallèlement des activités scientifiques et culturelles. C'est un premier roman ambitieux et maîtrisé.
Publié par Grasset (2009) / Traduit par Françoise Adelstain
22 octobre 2009
Si on allait à Beyrouth...
... à la rencontre des femmes de cette ville. C'est ce que l'on peut faire en lisant le dernier opus de la série des Pintades.
Vous ne connaissez pas les Pintades ? Ce sont des femmes, jeunes et moins jeunes, fans de mode ou hyperactives, de classe moyenne ou aisée, qui vivent dans de grandes villes du monde. Le premier livre rendait visite à celles de New York. Puis ce fut au tour des Londoniennes, des Téhéranaises et des Parisiennes de se dévoiler.
Dans Une vie de pintade à Beyrouth, c'est une journaliste française beyrouthine d'adoption, Muriel Rozelier, qui nous présente les femmes de sa ville.
Que dire sur le contenu du livre ? Je partais avec une certaine image en tête de ce que peut être une femme au Liban. Une femme qui fait attention à son apparence, plutôt volubile. Et c'est sur cette première image que commence la découverte de la condition féminine dans la capitale libanaise. L'apparence y est très importante.
Mais ce livre n'est pas fait que de sujets superficiels. Les questions du mariage et du divorce, de la maternité ont une grande place dans ce livre. Des tabous sont aussi levés.
Ce livre est une galerie de portraits qui donnent une image très diversifiée de la condition de la femme, des portraits de femmes battantes, courageuses mais aussi traditionnelles, superficielles. Même si le communautarisme est très présent, j'ai vu peu de différences entre les femmes, peut-être parce que ces femmes appartiennent aux classes moyennes et aisées.
Ce livre est aussi un guide. Il fourmille d'adresses (restaurants, boutiques, boîtes, plages...) si jamais vous êtes tentée par une virée au pays des cèdres.
Publié par Calmann-Lévy (2009)
11 octobre 2009
Quête identitaire
Etranger à mon histoire est le récit d'une recherche d'identité entreprise par un journaliste anglo-indien suite à ses retrouvailles avec son père pakistanais.
Aatish Taseer est née d'une mère indienne et sikhe et d'un père pakistanais et musulman. Son père a disparu de sa vie alors qu'il n'a que dix-huit mois. Son père a rompu tout lien avec cette famille indienne pour qu'elle ne lui porte pas préjudice. En effet, cet homme est engagé en politique dans le parti des Bhutto. C'est aussi un opposant au général Zia au pourvoir dans les années 80, ce qui lui vaut des séjours en prison.
Le jeune Aatish grandit donc sans père. Elevé par sa mère dans la maison de ses grands-parents ayant fui le Pakistan au moment de la Partition, il comprend assez tôt qu'il est différent de ses cousins. Première question sur l'identité. Les questions reviennent à l'adolescence alors qu'il est pensionnaire dans un collège chrétien du sud de l'Inde. Il tente alors de recontacter son père mais ce n'est que jeune adulte qu'il le retrouve véritablement.
Et les retrouvailles sont froides. Ce père, musulman non pratiquant et appréciant le whisky (il existe une distillerie au Pakistan !), lui reproche ses articles sur de jeunes musulmans britanniques extrémistes. Et vient alors une question : qu'est-ce qu'être musulman ?
Aatish Taseer, qui porte le kara (bracelet sikh), est considéré comme musulman car son père l'est. Et pourtant, il n'a pas été élevé dans cette religion. Il entreprend un voyage qui va durer huit mois. Il va traverser différents pays musulmans, de la Turquie au Pakistan. De ses rencontres, il rapporte différentes définitions du musulman, celui qui pratique, celui qui s'intéresse surtout au passé grandiose de la civilisation musulmane.
Il termine son périple dans le pays de son père. Un Pakistan lié au sous-continent par sa culture mais qui fait tout pour couper le lien. Un pays plus religieux que lors de sa création en 1947 (pour rappel, le pays a été créé pour rassembler les musulmans du sous-continent mais les créateurs étaient des laïcs).
De ce voyage, de ces rencontres, il en ressort un monde musulman plutôt hétérogène même si certains font tout pour que l'Islam soit le même partout. C'est une histoire personnelle qui fait écho à une grande question d'actualité.
Publié par Buchet Chastel (2009) / Traduit par Simone Manceau
L'auteur a été interwievé par l'hebdomadaire "Outlook India" (23 mars 2009) : Very difficult to be both indian and pakistani
04 octobre 2009
Manazuru / Kawakami Hiromi
"Manazuru" est l'histoire d'une femme hantée par son passé. Son mari a disparu un jour et douze ans après, elle ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de lui. Douze ans après, elle vit à Tokyo avec sa mère vieillissante et sa fille qui est en train de devenir une femme. Kei, c'est le prénom de cette femme, vit une relation passionnée et en même temps compliquée avec un homme marié.
Le coup de fil de son beau-père l'informant qu'il a inscrit le nom de son fils sur la tablette funéraire de la famille la pousse vers le passé. Douze ans après la disparition de son mari, elle part à la recherche d'informations. Elle n'a que deux indices : le nom d'une station balnéaire, Manazuru et un chiffre, 21:00. Kei va se rendre à plusieurs reprises dans cette petite ville. Et ces voyages la replongent dans son passé : sa vie avec Rei, son mari, la naissance de leur fille, Momo. Elle se questionne aussi sur sa relation actuelle avec Seiji, l'homme marié.
Chacun de ses voyages, dont un avec sa fille, baigne dans une atmosphère étrange, presqu'irréelle avec la présence d'une femme fantôme, du moins c'est comme cela que je l'ai percue. Un fantôme qui représente un peu son inconscient.
Au fil du roman, on s'aperçoit que cette femme est à une période charnière de sa vie. Elle doit faire le deuil de son passé.
Concernant le style, il est à la fois sobre, beau et doux. C'est le même ton calme que ses romans précédents ( "La Brocante Nakano" , "Les Années douces" , "Cette Lumière qui vient de la mer"). Si vous ne connaissez pas cette auteur, je vous invite à le faire car je trouve que ses romans sont de beaux romans.
Ce roman a été classé par l'éditeur dans sa bibliothèque idéale.
Publié par Picquier (2009) / Traduit par Elisabeth Suetsugu
24 septembre 2009
Inde, la révolution par les femmes / Dominique Hoeltgen
Nous avons tous en tête des images sur la situation des femmes en Inde : problème de dot, petites filles manquantes sans oublier le glamour des actrices de Bollywood. Mais notre connaissance reste le plus souvent superficielle, limitée aux informations apportées par les médias.
Le livre de Dominique Hoeltgen, journaliste, correspondante pour "L'Expansion" en Inde depuis cinq ans, dresse un état des lieux de la condition des femmes dans ce pays. Ce livre est une galerie de portraits de femmes de toutes conditions qui ont choisi de se faire une place dans une société dirigée par les hommes : femmes rouleuses de bidi (cigarettes) s'organisant en syndicat, femmes à la tête de succursales de banques étrangères, femmes du monde des arts ou politique, femmes luttant contre les violences faites à leurs semblables... En dix chapitres clairs et bien fournis, l'auteur aborde tous les sujets : le monde du travail, le mariage, les foeticides...
Même si les thèmes abordés sont parfois très sombres, les femmes que nous rencontrons à travers ce livre sont des battantes, des femmes énergiques qui déplacent des montagnes, à l'image de cette actrice qui a lutté pendant vingt ans pour des sans-logis d'un parc de Mumbai.
Un livre à lire absolument !
Publié par Picquier (2009)
L'éditeur a classé ce livre dans sa bibliothèque idéale.
Quelques idées de lectures complémentaires :
Quand les femmes auront disparu de Bénédicte Manier qui évoque l'élimination des femmes en Inde et dans d'autres pays d'Asie.
Maï, une femme effacée, roman de Geetanjali Shree
Une vie moins ordinaire de Baby Halder, femme au parcours extraordinaire : domestique, elle a un jour pour patron un professeur à la retraite qui va l'encourager à lire et écrire.
15 septembre 2009
Si je t'oublie, Bagdad / Inaam Kachachi
Peut-on revenir dans son pays d'origine sous l'uniforme de son pays d'adoption sans déclencher d'hostilité ? C'est la question à laquelle Zeina est confrontée.
Zeina, la trentaine, est américaine d'origine irakienne. L'armée manquant de traducteurs, elle lance un appel auquel répond Zeina. Quinze ans après avoir quitté son pays, la jeune femme y est de retour. D'abord à Tikrit, la ville du dictateur. C'est un choc pour elle car c'est ce dictateur qui à l'origine de l'exil de Zeina et de ses parents. Puis elle est envoyée à Mossoul, ce qui la rapproche de ses origines familiales.
La famille, justement, comment réagit-elle au retour de cette fillette devenue une adulte américaine ? Les retrouvailles sont d'abord émouvantes puis elles prennent un goût amer. Zeine cache qu'elle fait partie de l'armée d'occupation mais personne n'est dupe. Et Zeina ne sait plus comment se situer. Arabe aux Etats-Unis, Américaine en Irak, la jeune femme apparaît au fil du roman comme étant écartelée entre ses deux cultures.
Beau roman, émouvant. Un roman d'actualité.
Inaam Kachachi est Irakienne mais vit en France depuis une vingtaine d'années. Elle est écrivain et journaliste.
Publié par Liana Levi (2009) / Traduit par Ola Mehanna et Khaled Osman
10 septembre 2009
Le Roi du cinéma muet / Indrajit Hazra
Lorsqu'on dit "cinéma indien", on pense à Bollywood. Mais ce cinéma populaire n'est que le résultat d'une longue histoire du cinéma en Inde. Dès juillet 1896, les frères Lumière sont à Bombay, ville indienne alors la plus ouverte sur l'Occident. Ils viennent présenter à un public majoritairement britannique leur invention. Les premiers films visibles en Inde sont donc des films étrangers. Moins de vingt ans plus tard, en 1913, la même ville verra naître le premier film indien réalisé par un Indien, Dadasaheb Phalke, pour les Indiens.
Au même moment à Calcutta, le cinéma se développe aussi. Il s'agit de bioscopes. Abani Chatterjee va jouer un rôle important dans ce milieu. Il commence adolescent comme simple colleur d'affiches et monte peu à peu jusqu'au sommet : la gloire en tant qu'acteur. Mais le jeune homme répète les erreurs de son père et il connaît la déchéance, une déchéance à laquelle l'arrivée d'un célèbre cinéaste occidental mettra fin, enfin provisoirement.
"Le Roi du cinéma muet" est donc un roman pour remonter le temps, retrouver cette époque qui voit Calcutta perdre son statut de capitale du Raj (l'empire britannique), la montée du nationalisme et le développement d'un nouveau genre artistique. C'est un roman qui permet de découvrir le monde du cinéma muet. Ce cinéma muet a été productif en Inde puisque trois cent films ont vu le jour après le succès de la première réalisation de Phalke. Malheureusement, peu ont été conservés.
J'ai pu lire ce livre grâce à Blog-O-Book et Le Cherche Midi.
Publié par Le Cherche Midi (2009) / Traduit par Marc Amfreville
Les informations sur le cinéma indien figurant dans ce billet proviennent de la conférence de Martine Armand sur les cinémas marathi et malayalam, conférence qui s'est tenue le 9 septembre 2009 au Musée Guimet. Tous les ans, à la même période, le Musée Guimet organise son Eté indien qui met en avant une façette du cinéma indien. Après le cinéma populaire hindi (Bollywwod) en 2008, cette sixième édition met à l'honneur la production du Maharastra et du Kerala. Le film choisi pour la clôture, "Harishchandrachi Factory", raconte l'histoire du père du cinéma indien qu'est Phalke.
02 septembre 2009
Le Sari rouge / V.V. Ganeshananthan
Rouge, couleur du sari de la mariée. Rouge, couleur du feu qui détruit un passé. Rouge, couleur du sang...
La première teinte de rouge qui colore ce roman est celui du mariage. Mariage arrangé, non. C'est un mariage d'amour que font, aux Etats-Unis, deux jeunes immigrés sri-lankais. Lui est médecin, elle, institutrice. Quelques années plus tard, ils donnent naissance à leur unique enfant, une petite fille prénommée Yalini.
Yalini naît donc aux Etats-Unis en juillet 1983. Rien de particulier me direz-vous sauf que cette famille est d'origine tamoule et qu'au même moment, le Sri Lanka connaît son "Juillet Noir", représailles du gouvernement sri-lankais contre la minorité tamoule. Un bain de sang.
Yalini grandit en vraie petite américaine. Sa langue est l'anglais, elle comprend juste le tamoul. Et elle entreprend d'ailleurs des études d'anglais à l'université.
Sa quête identitaire débute lorsque son oncle débarque au Canada. Membre des Tigres (organisation indépendantiste tamoule du Sri Lanka) et atteint d'un cancer, il vient au Canada pour y mourir. Cette rencontre est l'occasion pour Yalini d'apprendre l'histoire de sa famille et l'histoire de son peuple.
C'est une fiction, les noms de tous les personnages, y compris des membres des Tigres, sont une invention. Mais les évènements sont bien réels. Ce roman est l'occasion de plonger dans l'histoire de la diaspora tamoule, de comprendre les liens très forts qui unissent cette diaspora à sa terre.
"Le Sari rouge" est un bon roman. Une plongée dans un autre univers peu évoqué dans la littérature, du moins celle traduite en français.
L'auteur V.V. Ganeshananthan vit à New York mais est d'origine sri-lankaise. Elle est journaliste, diplômée de Harvard et de Columbia. "Le Sari rouge" est son premier roman.
Publié par JC Lattès (2009) / Traduit par Sylvie Schneiter
Lectures complémentaires :
"Drôle de garçon" de Shyam Selvadurai, un roman qui a pour toile de fond l'histoire des Tamouls du Sri Lanka dans les années 70-80
"En territoire tamoul à Paris" d'Aude Mary, un document paru aux Editions Autrement et qui nous fait découvrir la communauté tamoule de la région parisienne
Pour en savoir plus :
La guerre opposant le gouvernement sri-lankais aux séparatistes tamouls a pris fin cette année. Les dernières semaines du conflit ont été suivies par la journaliste du Figaro, Marie-France Calle. Ses articles sont disponibles sur son blog Namaste ! Salam !










