Mille et Un Livres

Un voyage en Asie grâce aux livres ou comment voyager sans bouger de son fauteuil !

22 décembre 2009

Itinéraire d'enfance / Duong Thu Huong

Itin_raire_d_enfance

Nord-Vietnam, fin des années 50. Bê, douze ans, vit seule avec sa mère dans un gros village de la plaine. Son père, militaire, est depuis des années en poste à la frontière avec la Chine. Bonne élève au comportement exemplaire, elle a pour amie Loan, beaucoup plus introvertie qu'elle.

L'arrivée d'un nouveau professeur de gymnastique va bouleverser sa vie. Ce nouveau venu a une attitude ambigüe avec une élève de l'école. Bê le surprend, ce qui lui vaut de passer un seul quart d'heure. Ensuite, les évènements s'enchaînent très vite et Bê se retrouve exclue de l'école.

Du haut de ses douze ans, Bê décide de réjoindre son père. Loan, son amie, l'accompagne. Elles vont vivre un périple à travers les montagnes. D'abord logée par une restauratrice, elles s'installent ensuite chez un paysan. Travaux des champs, coutumes et croyances des peuples montagnards, confrontation aux dures réalités de la vie vont leur permettre de faire l'apprentissage de la vie.

Un roman d'apprentissage pour découvrir les montagnes du Nord-Vietnam. C'est un roman plein d'odeurs, d'images, qui transporte ailleurs.

C'est le premier roman de cette auteur que je lis. Je n'ai pas été déçue. D'autres sont inscrits sur ma LAL : "Terre des oublis", "Myosotis", "Histoire d'amour racontée avant l'aube", "Au zénith".

Publié par Le Livre de Poche (2009) / Traduit par Phuong Dan Tran

Posté par Naina94 à 16:17 - Vietnam - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

21 décembre 2009

Du côté de la Chine

La littérature chinoise est peu représentée sur ce blog. Pour combler, un peu, le vide, voici deux bons livres.

Lust_Caution

"Lust Caution" est un recueil de nouvelles d'Eileen Chang. Elle a écrit ces nouvelles dans les années 40 & 50. Ces textes mettent en scène des jeunes femmes dans le Shanghai des années 30 - 40, le Shanghai des concessions désormais occupé par l'armée japonaise.
Ces femmes ont un comportement anticonformiste. Elles ne font pas ce que la société et la bienséance attendent d'elles. Alors qu'elles devraient sagement attendre le mariage, avec un mari choisi par les parents, elles découvrent l'amour. Mais c'est un amour impossible, tragique. Il y a une jeune femme qui tombe amoureuse d'un inconnu entr'aperçu dans un tramway, celle qui joue à l'espionne, les jeunes filles qui peuvent choisir leur mari mais qui misent sur le mauvais cheval....
La dernière nouvelle, celle qui donne son titre au recueil, a été adapté au cinéma par Ang Lee en 2007, avec dans les rôles principaux, Tony Leung Chiu Wai et Tang Wei.
Publié par 10/18 (2009) / Traduit par Emmanuelle Péchenart

Servir_le_peuple

"Servir le peuple" est le second roman de Yan Lianke qu'il m'est donné de lire. Yan Lianke est un auteur jugé subversif qui outrepasse la censure chinoise. Résultat : ces livres sont interdits dans son pays.
"Servir le peuple" a pour cadre l'armée. Wu Dawang est l'ordonnance du colonel. Il est en charge de sa cuisine et de son jardin. C'est dans ce cadre qu'il fait la connaissance de Liu Lian, la jeune épouse du colonel (elle est plus jeune de vingt ans). Wu Dawang va détourner la signification de la devise de Mao, "servir le peuple", pour vivre une relation charnelle avec l'épouse du colonel. C'est un amour fusionnel, passionnel. Mais le pire est à venir. Une petite baisse de forme, une statue de Mao brisée et une révélation : s'attaquer aux objets représentants le "grand timonier" procure aux deux amants un plaisir sans nom.
Du même auteur : "Le Rêve du village des Ding"
Publié par Picquier (poche, 2009) / Traduit par Claude Payen

Posté par Naina94 à 21:16 - Chine - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 décembre 2009

La Lamentation du prépuce / Shalom Auslander

La_Lamentation_du_pr_puce

Shalom et Orli, couple de trentenaires, attendent leur premier enfant. Cela suscite des inquiétudes chez Shalom. Des inquiétudes naturelles de futur père ? Pas vraiment. Shalom a été très marqué par son éducation, une éducation juive orthodoxe. Une éducation qui joue en permanence avec une crainte, celle de Dieu en cas d'infraction aux règles. Mais ces règles, Shalom les a enfreint tout au long de son enfance et de son adolescence, pour mettre Dieu au défi. Et il ne s'est jamais rien passé. Pourtant la crainte demeure. Et les choses s'aggravent lorsque Shalom apprend qu'il va avoir un fils. Se pose alors la question de la circoncision...

Ce roman est le portrait d'un homme marqué au plus profond de lui par son éducation et par sa relation particulière avec Dieu. Malgré les distances prises au fil des années avec la famille, elle reste omniprésente.

C'est un roman empreint d'un certain humour. Il recèle surtout énormément d'informations sur le judaïsme, sa pratique, la vie au quotidien.

Publié par 10/18 (2009) / Traduit par Bernard Cohen

18 décembre 2009

Le Mec de la tombe d'à côté / Katarina Mazetti

Le_Mec_de_la_tombe_d___c_t_

Un homme, une femme, la trentaine. Leur point commun : une solitude enduillée. Et c'est dans un cimetière qu'ils vont se rencontrer. Drôle d'endroit pour une rencontre qui donne naissance à une idylle.

Désirée est veuve depuis quelques mois, bibliothécaire et citadine. Son univers : les livres, les meubles en acier et les murs blancs de son appartement.

Benny pleure sa mère disparue suite à un cancer. Il est agriculteur. Son univers : ses vaches laitières, les points de croix laissés par sa mère, les bons plats typiquement suédois.

Tout les oppose. Il paraît que les opposés s'attirent. Mais faire vivre l'amour lorsque tout oppose est un travail difficile.

Tour à tour, Désirée et Benny racontent leur histoire, comment ils la vivent.

Ce roman a beaucoup fait parler de lui sur la blogosphère. Certains ont aimé, d'autres moins. Moi, j'ai aimé. J'ai apprécié les deux personnages. Lorsque leur histoire commence, ils semblent si mignons, si romantiques. Ensuite, comme dans presque toutes les histoires d'amour, la réalité reprend le dessus.

Je n'avais pas autant apprécié un roman suédois depuis ma lecture des romans d'une autre auteur de ce royaume scandinave, Marianne Frederikson ("Inge et Mira", "Hanna et ses filles", "Simon et le chêne").

Publié par Babel (2009) / Traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Posté par Naina94 à 08:40 - Autres contrées - Europe - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

17 décembre 2009

Le Pays des marées / Amitav Ghosh

Le_Pays_des_mar_es

Ce roman convie le lecteur à un voyage, un voyage dans les Sundarbans, un entrelac de canaux formés par le delta du Gange, du Brahmapoutre et de la Meghna, une région qui constitue aussi l'une des plus grandes forêts de mangroves au monde. Nous sommes au sud du Bengale.

Piya est cétologue. Américaine d'origine indienne, elle découvre cette région où elle vient faire des recherches sur les dauphins d'eau douce. Elle va partir à leur recherche avec l'aide de Fokir, un pêcheur local. Autre personnage : Kanai. Cet interprète-traducteur vit à New Delhi mais il connaît bien cette région où il est venu adolescent. Il y retrouve sa tante et les carnets laissés par son oncle. Des carnets qui permettent à Kanai d'apprendre l'histoire de ces îles et de leurs habitants. Entre légende et histoire bien réelle de réfugiés...

Les Sundarbans sont une région où la nature fait encore la loi, une région où les animaux sont encore rois, où le tigre terrorise, où les arbres constituent des refuges en cas de gros temps. Ce roman est un hymne à cette région, à cette nature, à ces hommes qui y survivent.

C'est un roman passionnant, impossible à quitter une fois la lecture entamée. C'est un roman d'une grande richesse. L'auteur s'est bien documenté sur l'histoire de la région, sur les cétologues...

Autres avis de lecteurs : Sylvie (Passion des livres) ; Laurent (A l'ombre du cerisier) ; So (Conjuration des livres)

Pour en savoir plus sur cette région : le site est classé patrimoine mondial de l'UNESCO.

Publié par Robet Laffont (2006) & 10/18 (2008) / Traduit par Christiane Besse

Le_Pays_des_mar_es_2

Posté par Naina94 à 11:11 - Inde - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

14 décembre 2009

Attention travaux !

A vingt-quatre ans, Claire hérite de sa grande-tante un magnifique cottage situé dans un village du Gloucestershire. Magnifique ? Ce n'est pas la réalité. La maison tombe en ruines et est occupée par un locataire, un vieil homme un peu bourru dont l'animal de compagnie est un cochon.

Claire est prête à relever le défi de la restauration. Mais elle doit affronter des obstacles comme les réticences du locataire ou les appétits de voisins convoitant le cottage. Heureusement, des évènements heureux se profilent à l'horizon...

Après "Love Masala", j'avais encore besoin de lectures faciles du genre "chick lit". Alors entre deux romans indiens aux sujets sérieux, "Peinture fraîche" de Zoë Barnes s'est imposé. Ce fut un agréable moment de lecture, sans prise de tête.

Publié par Pocket (2008) / Traduit par Laura Contartese

Peinture_fra_che

13 décembre 2009

Cette nuit-là / Indra Sinha

Cette_nuit_l_

Dans la ville imaginaire de Khaufpur vit Animal. C'est le nom d'un jeune homme de dix-neuf ans. Il ne connaît pas sa véritable identité, il est difforme d'où son surnom. La cause : une catastrophe survenue alors qu'il n'était encore qu'un bébé.

Animal s'est fait à cette vie d'obstacles, de débrouilles. Sa vie, il la raconte à un journaliste étranger venu voir ce que sont devenus les survivants d'une grande catastrophe industrielle. Cette tragédie a modifié à jamais la vie de milliers de personnes : cécité, difficultés respiratoires, malformations. Pour aider, une jeune médecin américaine arrive pour ouvrir une clinique. Mais le succès n'est pas au rendez-vous. Le fait qu'elle soit américaine, tout comme l'étaient les responsables de la "Kampani", l'usine tueuse, y est pour beaucoup. La ville compte aussi des activistes, comme Zafar et Nisha, qui réclament depuis des années que justice soit faite.

Cette histoire est une fiction. Mais elle n'est pas sans rappeler une tragadie bien réelle : la catastrophe de Bhopal qui a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984. Comme l'auteur, Indra Sinha, l'explique dans un article du Guardian, Khaufpur ne ressemble pas à Bhopal. De plus, il a préféré centrer son roman sur les personnages plutôt que sur la catastrophe.

Cependant, je ne peux pas m'empêcher de vous donner quelques liens intéressants pour comprendre ce qu'est Bhopal et la vie des victimes aujourd'hui. Le poison toxique continue ses ravages puisqu'il naît toujours des enfants malades, difformes.

www.bhopal.net : c'est un site qui milite pour que justice soit faite. Il permet, entre autres, d'avoir accès aux dernières informations sur le sujet.

BHOPAL XXV : Trois photographes se sont réunis pour réaliser un livre (téléchargeable). Le but est de médiatiser davantage cette tragédie.

Côté livre, Robert Laffont, puis Pocket, ont publié "Il était minuit cinq à Bhopal" de Dominique Lapierre et Javier Moro. Ne l'ayant pas encore lu, je ne peux pas donner d'avis.

"Cette nuit-là" a été finaliste du Booker Prize 2007 et a été couronné, en 2008, par un Commonwealth Writers' Prize, celui du meilleur roman de la zone Europe - Asie du Sud.

Publié par Albin Michel (2009) / Traduit par Dominique Vitalyos

Posté par Naina94 à 16:14 - Inde - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 décembre 2009

"On a de la chance de vivre aujourd'hui"

Ce n'est pas un constat. Il s'agit du titre du dernier livre de Kate Atkinson. Ce n'est pas un roman mais un recueil de huit nouvelles.

Il y a un homme pris au piège par la famille de sa dulcinée, une jeune actrice qui vit une histoire d'amour avec un jeune prince, des femmes confrontées à l'application d'une "charia chrétienne"; Dieu qui se désole de la façon dont les hommes ont transformé Sa création...

L'ensemble est loufoque. Les histoires sont courtes, un peu trop dans certains cas (j'aurais aimé un plus long développement pour "Affaires de coeur" et "La Guerre contre les femmes"). C'est un recueil que se lit, se dévore vite. Les 150 pages ont été avalées en une soirée.

Cuné l'a lu et apprécié.

Publié par les Editions de Fallois (2009) / Traduit par Isabelle Caron

On_a_de_la_chance_de_vivre_aujourd_hui

Posté par Naina94 à 17:27 - Autres contrées - Europe - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

05 décembre 2009

Un peu de légèreté

Love_Masala

Avec de la chick lit mais pas n'importe laquelle, de la chick lit indienne (restons dans la thématique de ce blog). Mon premier roman indien du genre "chick lit" a été Mariage à l'indienne de Kavita Daswani. J'ai retrouvé le même plaisir de lecture avec Love masala d'Advaita Kala.

L'intrigue est simple. Elle met en scène une jeune femme de vingt-neuf ans prénommée Aisha. Aisha est célibataire (of course), travaille dans un hôtel et avantage suprème, vit loin de ses parents et surtout de sa maman. Aisha a bien évidemment des amies : Misha et Anushka.

Aisha cherche l'amour sans vraiment le chercher (mais sa mère cherche bien un mari pour elle !) et va, bien sûr, le rencontrer mais comme dans chaque roman du genre, il y a aura bien des péripéties, malentendus et autres coups du sort avant d'arriver au happy end. Misha est, elle-aussi, célibataire mais a moins de chance que son amie dans le domaine de l'amour. Et puis, il y a Anushka, nouvelle divorcée. Sans oublier un couple d'amis gay.

Nous sommes bien en Inde. Plusieurs éléments le rappellent, notamment la présence d'une voisine inquisitrice.

C'est drôle, plutôt bien écrit.

Le titre "Love masala" fait penser à un titre de film de Bollywood. Et justement, l'auteur, Avaita Kala, a écrit un scénario pour un film (voir l'article de Thaindia News du 20 mars 2009). Elle habite New Delhi et travaille pour "Time magazine". "Love masala" est son premier roman.

Publié par Marabout (2009) / Traduit par Caroline Chalma-Balminadour

Marabout a une collection intitulée "Girls in the city" qui publie de la chick lit. Le rythme de parution est d'un livre par mois. Et au vu du catalogue, les auteures sont anglo-saxonnes. "Love masala" est une exception.

28 novembre 2009

Attentat à la mangue / Mohammed Hanif

Attentat___la_mangue

Le Pakistan des années 80, c'était l'époque du général Zia arrivé au pouvoir en 1977 par un coup d'Etat. Cet homme disparaît en août 1988 dans un accident d'avion dont les causes sont aujourd'hui encore mystérieuses. Toutes les théories ont circulé et circulent encore. Défaillance mécanique ou intervention étrangère (américaine ou soviétique) ? Que s'est-il passé ce 17 août à Bahawalpur ?

Mohammed Hanif a décidé de développer une fiction autour de cet accident. L'histoire qu'il raconte est sortie de son imagination mais les personnages du roman, du moins les plus hauts placés, ont réellement existé.

En août 1988, un officier de l'armée est le seul survivant d'un accident d'avion qui a coûté la vie à un chef d'Etat et un ambassadeur américain. Trois mois plus tôt, ce jeune homme avait été interrogé et emprisonné suite à la disparition de son compagnon de chambrée. Ali Shrigi, le jeune officier, est le fils d'un militaire qui s'est suicidé ou qui a été suicidé. Sa mort reste un mystère et son fils souhaiterait en savoir plus. Mais dans l'armée et à cette époque, il est de bon ton de ne pas rechercher la vérité.

C'est un roman qui se passe dans le milieu militaire, dans une dictature, dans une région du monde qui, à l'époque, est au coeur de la guerre froide (le pays sert de base arrière aux Occidentaux, en premier, les Etats-Unis, pour combattre les Soviétiques qui occupent l'Afghanistan). Mais le roman ne se limite pas à cela. Et j'ai trouvé que les histoires secondaires de ce roman sont tout aussi importantes parce qu'elles reflètent ce qu'a été et ce qu'a fait le général Zia. On découvre un dictateur qui lit beaucoup le Coran : cela est à mettre en corrélation avec l'islamisation du pays qu'il a menée. L'histoire de Zaynab, une aveugle violée et finalement accusée d'adultère, rappelle que le code pénal a été profondément modifié sous cette dictature avec un durcissement des peines. L'emprisonnement d'Ali Shigri rappelle la dictature et l'injustice.

C'est un bon roman, bien ficelé, intéressant. C'est un roman "masculin" (théorie de complot, armée) mais je pense qu'il peut plaire à une personne qui s'intéresserait à l'Histoire avec un grand "H". Il faut aussi noter que les personnages féminins secondaires sont des personnages intéressants (ah, la personnalité de la Première Dame).

L'auteur connaît bien l'armée pakistanaise puisqu'il a lui même servi en tant que pilote avant d'embrasser une carrière de journaliste à la BBC (section Ourdou) à Londres. Il vit aujourd'hui à Karachi au Pakistan (à lire : cet article du Guardian dans lequel il relate le retour sur sa terre natale).

"Attentat à la mangue" a été distingué par le Prix Commonwealth 2009 du meilleur premier roman. Pour info, ce prix est décerné à des écrivains anglophones des pays du Commonweath (il y a des prix par zones géographiques et deux prix généraux).

"Attentat à la mangue" est le second roman pakistanais de la rentrée littéraire. C'est une littérature qui mériterait d'être mieux connue, autant que peut l'être celle du grand pays voisin, l'Inde. Pour avoir quelques idées de lecture, vous pouvez consulter ma rubrique "Pakistan".

Publié par les Editions des 2 terres (2009) / Traduit par Bernard Turle 

« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »